Les filles aux mains jaunes – Les oubliées de la grande guerre, une pièce de Michel Bellier à la Scène Libre 4 Bd de Strasbourg 75010 PARIS du 2 Au 27 Septembre 2026, du Mercredi au Samedi à 19 H, le Dimanche à 15 H. Relâche le 20 Septembre.

En pleine Première Guerre mondiale, Jeanne, Rose, Julie et Louise, quatre destins de femmes d’horizons différents qui s’épuisent à fabriquer des obus pendant que les hommes sont au front…

Jeanne la revancharde, Julie qui rêve d’amour, Rose qui découvre « les suffragettes » grâce à Louise, écrivaine militante. Ces quatre femmes qui nous livrent leurs peurs, leurs joies, leurs espoirs, leur courage et la solidarité de celles qu’on appelait « Les filles aux mains jaunes ».
Ce travail harassant dans le bruit, la poussière et la chaleur est sans doute pour elles le début de l’émancipation…

Mise en scène Alexander Liebe.

Avec Love Bowman, Nolwen Cosmao,  Alicia Rousseau, Lucile Roux-Baucher.

Oui c’est sûr, nous les avons oubliées ces femmes, les munitionnettes, appelées à travailler dans les usines d’armement pendant la Grande Guerre, il y a plus d’un siècle.

Ont-elles jamais pris la parole d’ailleurs ces femmes-là ? Michel Bellier très sensible à l’histoire de l’émancipation féminine, et certainement très documenté, réussit à nous les présenter. Le metteur en scène Alexandre LIEBE donne l’impression de filmer un lieu de travail, devenu quasiment un lieu d’intimité pour 4 femmes qui ont pour point commun d’être pauvres et d’être éprouvées par l’angoisse ou le deuil.

L’une d’elles sait à peine lire, une autre fait figure d’intellectuelle, la plus âgée est très conservatrice, et parmi elles Rose qui prend petit à petit conscience de la légitimité du combat des suffragettes.

De fait, il ne s’agit pas de portraits caricaturés. Le public peut se dire qu’il est un voyeur dès lors qu’il a le sentiment d’assister à des situations graves et des confidences très personnelles. Cela tient au jeu des comédiennes particulièrement investies qui incarnent formidablement ces munitionnettes.

Juste quelques femmes qui nous parlent de solidarité, de la guerre et qui en viennent à douter de leur travail. Travailler pour survivre mais travailler aussi pour fabriquer des armes qui tuent. Quel non sens !

Une pièce qui va au-delà du déjà vu, déjà entendu grâce aussi au jeu des comédiennes et la mise en scène épurée et très fine de Alexander LIEBE .

Un spectacle chaleureux, d’une grande humanité à ne pas manquer.

Evelyne Trân

Le 10 Septembre 2026

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