
Avec Pamela RAVASSARD ou Marine MONTAUT, Benjamin BOYER, Stéphane BIERRY, Thomas COUSSEAU ou Julien ROCHEFORT, Alexandre BIERRY, Mathurin VOLTZ
Scénographie : Arthur VLAD
Peintures : Marguerite DANGUY DES DÉSERTS
Costumes : Nora SCHEIDL
Lumières : Stéphane BALNY
Si nous avions oublié ce dernier roman de Victor Hugo Quatrevingt-treize, l’adaptation et la mise en scène de Marion BIERRY s’impose et nous projette d’emblée dans le roman épique et bouleversant consacré à la guerre civile entre les républicains et les Vendéens lors de la naissance de la 1ère République.
Victor Hugo est un scénariste de premier plan et il n’ y a pas de scènes quasiment où le public ne se retrouve pas transi d’émotion comme s’il y était, confronté à des situations extrêmes, voire inimaginables.
Quatrevingt-treize pourrait être considéré comme le testament politique de Victor Hugo. Il s’agit de son dernier roman publié en 1873 peu après la Commune et cependant commencé une dizaine d’années auparavant. Hugo a évidemment puisé dans son expérience intime, déchiré entre les valeurs de sa mère Vendéenne et son père Républicain.
1793 c’est l’année de la Terreur : « Hier frémissait devant aujourd’hui, la vieille férocité constatait et subissait la nouvelle épouvante, ce qui n’était plus que le néant ouvrait des yeux d’ombre devant ce qui était la terreur, et le fantôme regardait le spectre. »
Dans ce roman Hugo parle d’abomination humaine et qualifie les crimes de guerre commis pendant la guerre civile de barbarie.
Comment pouvons nous imaginer aujourd’hui que la République ait été constituée après la Terreur ? Les trois protagonistes principaux, Lantenac, le noble vendéen, Gauvain également aristocrate mais républicain idéaliste, Cimourdain ancien prêtre défenseur impitoyable de la République, tiennent des discours politiques empreints évidemment de l’éloquence d’Hugo lui même.
C’est le souffle Hugolien qui résonne dans la mise en scène de Marion BIERRY grâce à l’interprétation formidable de toute l’équipe, avec une mention pour Stéphane BIERRY interprète de Lantenac.
Marion BIERRY a su extraire la substantifique moelle c’est à dire l’esprit d’un roman qu’il importe de repêcher de l’oubli.
La politique tient encore à nos cordes humaines, c’est un peu le message de Victor Hugo, toujours en quête d’humanité. N’oublions pas qu’il a été défenseur de l’abolition de la peine de mort contre vents et marées.
Evelyne Trân
Le 4 Septembre 2026