Victor Hugo et nous trois – Extraits de Choses vues, Notre-Dame de Paris, L’Homme qui rit, Les Misérables, Discours à l’Assemblée, et un choix de poèmes par la Compagnie GRRR au Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes – Route du champ de Manœuvre 75012 Paris – Du 04 au 14 juin 2026Les jeudis, vendredis, samedis à 21h Les samedis et dimanches à 16h30.

Mise en scèneSimon Bakhouche, François Frapier, Susana Lastreto
AvecSimon Bakhouche, François Frapier, Susana Lastreto
MusiqueStuck in the Sound
LumièreMario Aguirre
ProductionGRRR (Groupe Rires, Rage, Résistance)

Note d’intention de la Compagnie GRRR (Groupe Rires, Rage, Résistance)

Une histoire entre Victor Hugo et nous.


Nous étions jeunes. Nous le sommes encore bien sûr ! Dans notre tête, notre cœur, notre âme. Pourtant bien des années sont passées depuis la création de ce spectacle. Ce fut dans les années quatre-vingt, à l’initiative d’Alain Mollot, le metteur en scène et directeur du Théâtre de la Jacquerie. Maryse Leroux avait fait le choix des textes. Le spectacle s’appelait alors Un œil profond dans l’ombre et nous l’avons beaucoup joué, en France et même à l’étranger.
En 1991, nous sommes partis en tournée au Zaïre, actuel Congo. Beaucoup de gens que nous avons côtoyés alors, spectateurs, participants de tous âges aux ateliers que nous donnions, qui faisaient des kilomètres à pied – en l’absence absolue de transports en commun – pour découvrir le spectacle, ont disparu. Des émeutes, des coups d’état, les ont balayés de la surface de la terre et depuis, la guerre sévit. L’écho de leurs voix scande encore dans nos mémoires « Je misère, tu misères, il misère, nous miserons… » à l’issue d’un exercice sur un texte de Les Misérables : « Ce que Victor Hugo raconte, nous le vivons ici chaque jour » nous disaient-ils et elles, en éclatant d’un rire joyeux,. Car malgré toute la misère du monde c’est l’humour qui régnait, cet humour de chaleur et de rage qui foudroie les pires démons.
Alain Mollot et Maryse Leroux sont partis rejoindre Victor Hugo depuis quelques années déjà.
Nous avons retrouvé les textes, nous nous sommes retrouvés, nous avons retravaillé la mise en scène, à trois. Outre le plaisir de rejouer ensemble, nous découvrons la nécessité de reprendre la parole de Victor Hugo : que pouvons-nous faire, nous, ni politiques ni militants acharnés ni assistants sociaux, ni médecins ni… sinon arpenter les scènes, incarner poètes et voyous, monstres et innocents ? Et résister à la folie de ce monde avec notre arme : le théâtre.
Nous voulons faire entendre autre chose que le bruit des armes, nous voulons par le jeu consoler, émouvoir, faire réfléchir. Voilà pourquoi nous sommes à nouveau sur les routes, avec Gwynplain, Fantine, Valjean, Zubiri… Et avec celles et ceux qui aujourd’hui comme hier luttent pour que la paix et la beauté règnent sur cette planète.

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