Tournée 2026/2027 Voir le lien : George sans S ~ CDN de Normandie-Rouen ~ Les Anges au Plafond

Illustration de Sophie Lécuyer
Présentation de Camille Trouvé, Brice Berthoud & Jonas Coutancier
Le royaume d’une femme libre
Pour leur nouvelle création, Les Anges au Plafond nous racontent la vie romanesque d’Aurore Dupin, plus connue sous le nom de George Sand. Figure avant-gardiste du féminisme, elle s’est imposée comme l’une des plumes majeures du XIXème siècle.
S’habiller et aimer comme bon nous semble, transgresser les codes, faire banquet et parler politique, fêter le vivant. C’est célébrer George Sand, une des pionnières du féminisme, qui, au XIXème siècle, trace un chemin de liberté et déjoue les assignations de genre pour devenir pleinement elle-même.
Sur le plateau du théâtre, quatre femmes tournent autour de la figure de cette grande autrice et cherchent des réponses.
Sur les amours libres, l’engagement politique, la protection du vivant.
Comment déjouer le sentiment de sidération dans lequel nous plonge la violence du monde ? Comment reprendre la parole au milieu du chaos ?
George nous invite dans sa maison d’artistes, à Nohant, à plusieurs jours de route de la Capitale et nous retrouvons les mots pour dire le réel. Nous nous remettons en chemin.
Dans un décor de toiles tendues, à la lisière d’une forêt plantée au milieu des sièges du théâtre, nous dialoguons avec une marionnette à taille humaine qui se construit et se déconstruit en direct. Une icône qui a su faire de sa vie un exemple de liberté et qui échappe à toutes formes de manipulation.
Distribution
Un spectacle de Camille Trouvé, Brice Berthoud & Jonas Coutancier Avec Camille Trouvé, Ángela Ibáñez Castaño, Christelle Ferreira en alternance avec Hawa Diakité, Gaëlle Grassin en alternance avec Marie Jolet Texte Les Anges au Plafond en complicité avec Estelle Savasta Dramaturgie Saskia Berthod Scénographie Brice Berthoud et Julien Michenaud Musique Arthur Simonini et UssaR Bruitages Xavier Drouault Marionnettes Amélie Madeline & Séverine Thiébault en complicité avec Camille Trouvé, Jonas Coutancier & Brice Berthoud Mécanismes de scène Magali Rousseau Costumes Séverine Thiébault Création et régie lumière Louis De Pasquale Création et régie son Tania Volke Vidéo Jonas Coutancier en complicité avec Amélie Madeline Coordination technique Julien Michenaud Construction décors Les ateliers de la Maison de la culture, Scène nationale de Bourges Interprète Langue des Signes Française et coordinatrice Périne Paniccia Conseil marionnettes à gaine Yeung Faï Conseil corps en mouvement Noémie Ettlin et Louise Nappez Conseil littéraire Vinciane Esslinger Production Antoine Pitel & Silvina Senn. Remerciements à toutes celles et ceux qui ont rendu cette aventure possible. Spectacle bilingue français – LSF
Photo Fabrice Robin

Elles surgissent sur la scène en faisant des gestes. 0n pense qu’elles parlent la langue des signes. Une des comédiennes Angela Ibanez est sourde. On entend des souffles, des respirations, des grognements et soudain c’est le mot LIBERTE qui sort de leur poitrine. S’ensuivent un chant plaintif, des chuintements, hululements, chouettes, grenouilles, et puis des claquements de mains …
Nous voici en en juillet 1832, c’est George Sand qui parle d’une journée néfaste, de bain de sang à Paris … Ces propos sont partagés par le chœur des femmes.
Et voici la marionnette à taille humaine qui entre en scène . C’est à elle qu’est dévolu le rôle de George Sand qui interpelle Casimir son mari, converse avec Maurice son fils ou joue avec son chien. .
La bande sonore d’Arthur Simonini où se mêlent les bruitages de Xavier Druault est impressionnante. C’est une atmosphère particulière qu’il s’agit de communiquer, l’ambiance qui règne à la maison des artistes de Nohant, le lieu de vie de George Sand, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est vivant, organique. Nature et histoire intime et collective se traversent.

Nous assistons à un spectacle impressionniste où trône George SAND devenue une icône. Il faut croire que son esprit s’est logé le temps de la représentation dans une magnifique marionnette.
Maurice son fils est un grand marionnettiste et le public assiste à une de ses créations très virulentes où s’affrontent la République et la Monarchie et où il est question d’abolition de l’esclavage et de la peine de mort. Et reviens toujours en boucle ce cri amer : la République c’est pas gagné !
Il faut se souvenir que George Sand s ‘est tout d’abord attelée à l’écriture pour gagner sa vie et être indépendante. Elle a dû se battre pour se libérer de son mari au terme d’un long procès . On lui disait « Fais toi discrète à cause de tes mœurs » car George (son vrai nom est Amantine Lucile Aurore Dupin) fume le cigare, monte à cheval en pantalon, a des amants. Bien sûr George est une pionnière du féminisme et les militantes féministes lui doivent beaucoup. Songez que la fin du devoir conjugal vient d’être voté le 28 Janvier 2026.
L’histoire de ma vie est une œuvre capitale et passionnante écrite en 7 ans. Le spectacle des Anges au plafond donne vraiment envie de la découvrir. Tout le long de la représentation le public peut glaner quelques pensées, certaines très simples telles que : J’avais beaucoup observé l’âme humaine – Se sentir heureux de vivre. Sans songer à rien.
Par petites touches impressionnistes, le spectacle entend faire le portrait d’une femme, une amie, une soeur, une intelligence, une courageuse aussi, un esprit familier toujours ouvert. Les quatre comédiennes tendent le fil qui les relient à toutes ces présences invisibles que l’on devine autour de George. Et la musique, véritable orchestration s’en fait personnellement l’écho.
Le 3 Juin 2026
Evelyne Trân