L’Ogrelet de Suzanne LEBEAU – Un spectacle jeune public à partir de 8/9 ans au Théâtre de l’ESSAION 6, rue Pierre-au-Lard(à l’angle du 24, rue du Renard)75004 Paris. Du 21 mars au 3 juin 2026 : samedi et dimanche à 14h15. Du 7 au 30 avril 2026 : mardi à 14h15 et jeudi à 10h30. Représentations supplémentaires les 22 avril à 14h15, 6, 8 et 14 mai à 14h15 et 3 juin 2026 à 14h15.

Avec Christophe Laparra, Patricia Varnay

Mise en scène Christophe Laparra

L’Ogrelet, mi-ogre mi-humain, réussira-t-il à surmonter les trois épreuves d’un difficile apprentissage ? Une pièce à dévorer toute crue !

https://www.youtube.com/watch?v=1RUdarsghRY

Ne vous avisez pas à chercher sur internet la définition du mot « ogrelet ». Mais il existe peut-être au Canada car l’auteure de la pièce éponyme l’Ogrelet a été écrite par une dramaturge pour les enfants, québécoise, Suzanne LEBEAU. Elle est très réputée, ayant à son actif 27 pièces originales.

Un enfant mi-ogre mi-humain, croyez-vous que cela soit possible ? Il est probable que Suzanne LEBEAU se soit inspirée du conte le Petit Poucet de Charles PERRAULT car dans cette histoire, un ogre fait son apparition, il est le mari d’une brave femme qui recueille de pauvres enfants abandonnés par leurs parents.

Avant d’écrire l’Ogrelet, Suzanne LEBEAU a interrogé beaucoup d’enfants au sujet de leurs peurs et nombre d’entre eux lui ont répondu qu’ils craignaient les adultes qui ne savaient pas se contrôler.

La dramaturge aurait pu s’attacher au personnage de l’ogre qui dans le Petit Poucet, il faut bien le reconnaitre, à part le fait qu’il soit capable de dévorer tout ce qui sent la chair fraiche, n’a guère de personnalité, il serait tout au plus un bon mari.

Notre dramaturge a donc eu l’idée lumineuse de créer l’Ogrelet qui réunira à la fois toutes les préoccupations et l’esprit d’un enfant mais aussi les penchants hérités d’un père ogre.

Fort heureusement l’ogrelet a une mère dévouée qui l’élève seule, elle n’a qu’un défaut, elle est surprotectrice, ce qui contrarie le caractère très aventurier de l’Ogrelet qui a un défi à relever : réussir à vaincre son attirance pour la chair fraiche.

Christophe LAPARRA incarne un ogrelet vif et très attachant tandis que Patricia VARNAY interprète très justement la mère couveuse.

Nous voilà embarqués dans l’univers des contes où il est souvent question de relations parentales. Ici, elles sont finement exprimées. Si la conteuse se démarque des contes traditionnels, c’est pour explorer de nouvelles pistes concernant la sensibilité des enfants. Il s’agit d’un conte qui prend sa source dans des réalités difficiles. Ce que Christophe Lappara explique dans une note d’intention sur l’Ogrelet :

Il traite de la notion fondamentale d‘émancipation de l’enfant qui
passe par une nécessaire transcendance de soi et des siens. Il
apprend, à travers le douloureux apprentissage d’un enfant, qui
devra passer et réussir plusieurs épreuves, qu‘il faut reconnaitre
ses origines, les accepter et les dépasser afin d’acquérir sa propre
liberté.

Cependant le merveilleux n’est pas sacrifié. La scénographie conçue à partir de vieilles caisses en bois montées sur roulettes est très attrayante. Nous n’oublierons pas non plus la louve et le coq qui font partie des personnages. La mise en scène pleine de poésie laisse carte blanche à l’imagination du public .

Voilà une pièce qui fait à la fois rêver et réfléchir avec délicatesse. Elle est de nature à impressionner aussi bien les enfants que les adultes par sa force réflexive.

Evelyne Trân

Le 30 Avril 2026

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