VU CET ETE EN CONCERT / HELENE GRANDSIRE : Album FUNAMBULES par Laurent GHARIBIAN.

Photo Sylvie Meunier

Photos Jean PEDUZZI

A une voix limpide, accordée aux saisons de l’âme et capable, à côté des coups de sang, des plus subtiles inflexions, Hélène Grandsire ajoute un vrai talent de compositrice doublé de celui d’une pianiste associant finement l’épure et un lyrisme discret. Notre chanteuse excelle à  trouver ces correspondances mystérieuses entre un sens de la mélodie, une aisance pour les climats changeants d’une part et d’autre part le monde si singulier d’un auteur : Jimmy Grandsire. Ou comment un couple à la ville peut aussi apporter sur scène la preuve d’une complicité harmonieuse dans l’invention, elle-même renouvelée, par ailleurs, album après album. Step by step…Depuis au moins une décennie, un disque annuel. Comme un rituel. La plume du discret Grandsire, c’est quelque chose. Des mots simples pour des tableaux précis comme  l’humain qui se noie ( » Dans un garage ») ou rayonne. C’est selon. Une pointe de surréalisme…toujours réaliste avec « Dans le creux de ma main  » ou  » Le temps qui passe « . Et sans concession à aucune mode, avec le superbe « J’aimais Géronimo « . De grands mouvements de tendresse (  » Patauger dans tes yeux « ), d’amour fou, total. Desorages feutrés nés du quotidien ou de l’état de notre monde chaotique ( » Danser « ) aux soubresauts si imprévisibles…Autant que le travail de studio, Hélène Grandsire délivre en scène de belles énergies. Ce 8 août dernier, nous avons assisté – au café associatif La Récré (1) dans l’Eure-et-Loir – à ce qui se fait de mieux en matière de piano / voix dans le paysage contrasté de notre chanson francophone. Devant nous, les fenêtres s’ouvrent à d’autres vents, d’autres saveurs, d’autres ciels pareillement attachants : notre compositrice et pianiste se fait l’interprète de figures inoubliées de notre chanson d’aujourd’hui ou d’avant-hier. D’Hubert-Félix Thiéfaine on redécouvre « Je m’en remets au vent « , taillé sur mesure. Un peu plus loin on succombe à « Liberté » de la déesse récemment disparue Angélique Ionatos : l’hommage résonne avec classe. Discret. Emouvant. Autre icône, fracassée, elle, en plein vol : Danielle Messia, auteure de cet hymne à l’amour qu’est « De la main gauche » repris notamment par Louis Capart ou Catherine Ribeiro. Ici, la version proposée se distingue par un dramatisme rendu plus léger, un rythme décalé, plus proche de nous…Proximité semblable dans une étonnante version de « C’est extra  » : un Léo Ferré respecté. Et dont on peut entendre  trois musiques épousant les vers de Rimbaud, Verlaine et Aragon sur le Cd d’Hélène Grandsire, cuvée 2015. Ces reprises côtoient idéalement les chansons d’un tandem passionné du beau, du poétique ( » Vivre avec le vent » ). Un univers parfois traversé par les nuages du doute. Une seule certitude : l’espoir, ce rêve éveillé, donne sa couleur dominante à une discographie et une aventure scénique qu’il est urgent de découvrir. Et de suivre longtemps, longtemps…
                                      Laurent Gharibian

(1) Situé au centre d’une localité appelée Chapelle Royale. Une association dynamique mais menacée : larecre@chapelle.free.fr
NOUVEL ALBUM 14 titres  » FUNAMBULES  » disponible à l’issue des concerts ou sur www.helenegrandsire.fr

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