TOUTES LES CHOSES GÉNIALES – Texte Duncan Macmillan avec Jonny Donahoe au Théâtre la Reine Blanche 2 bis, passage Ruelle 75018 Paris – Métro : La Chapelle ou Marx Dormoy -Du mardi 19 novembre au samedi 28 décembre Mardi, jeudi, samedi à 19h Durée : 1h –

TOUTES LES CHOSES GENIALES (c) Bruno Dewaele (2) - min

Photo : Bruno Dewaele

Le sujet de la pièce de Duncan MACMILLAN, la dépression d’un proche, à laquelle s’est trouvé confronté un enfant, est grave. Comment formuler la mélancolie, la tristesse que peut nous renvoyer le comportement d’un parent. L’auteur donne la parole à un homme anonyme qui se confie sur son parcours du plus jeune âge à l’âge adulte.

 Comment l’enfant qui a assisté à l’hospitalisation de sa mère après une tentative de suicide peut-il réagir ? Un homme se confesse, raconte comment la mort lui est apparue, brutale à travers celle de son chien. Sachant que sa propre mère voulait mourir, il n’a eu de cesse de combattre cette angoisse parce qu’il aimait la vie.

 Elles sont là devant soi ces choses de la vie qui, à tout moment, impromptues et passagères comme des pensées, des fugaces émotions, des surprises, sont susceptibles de vous faire sourire, rire, chanter, voyager, taper sur l’épaule de votre voisin « Vous avez vu ça ! ».

 L’enfant sent que tous ses petits bonheurs enfantins, légers, innocents, volatiles, étranges, farfelus, si personnels, peuvent lui échapper, disparaître. Alors, il les note sur une liste qui finit par grossir à vue d’œil.

 Une véritable armée de post-its de bons souvenirs qu’il collectionne et se met à inscrire un peu partout à l’intérieur de la boite de corn flakes, sous le couvercle d’un pot de confitures, etc. Ces post-its sont destinés à dérider sa mère dépressive, à lui offrir quelques bulles de bonne humeur, en silence, sans la forcer.

 Cette liste débutée dans l’enfance, il l’oubliera puis la retrouvera à l’âge adulte, elle tracera sa route comme les petits cailloux étincelants semés sur son chemin par un Petit Poucet.

 Toute la force du conte de Perrault irrigue cette pièce. Par analogie s’y exprime diffus, le sentiment d’abandon de l’enfant par ses parents, son désir d’indépendance, d’affranchissement, de découverte, son espoir de redonner le bonheur à a sa famille.

 Mais L’homme anonyme ne revêtira pas de bottes de sept lieues. Il continuera à butiner comme une abeille les multiples bonheurs à sa portée, qui conversent de tout et de rien, qui soulèvent des émotions infinitésimales, particulières ou banales, incongrues, familières.

 C’est cette familiarité avec les choses que l’homme cultive sans violence. Parce qu’il a intériorisé le silence de ses parents et qu’il le respecte, l’enfant a multiplié les tentatives d’approche par l’intermédiaire de petites pensées, des offrandes innocentes, spontanées, extraordinaires à ses yeux.

 Elle ne peut que grossir cette montagne de petits plaisirs pour  faire face au sentiment d’impuissance de l’enfant confronté au malheur.

 Dans le spectacle le comédien Didier COUSIN, remarquable, dirigé par Arnaud ANCKAERT, distribue quelques rôles aux spectateurs installés en cercle et les convie à lire à haute voix certains messages. C’est à travers des lèvres inconnues qu’ils s’échappent dans l’espace. Une façon de les faire éclore, d’évoquer leur manège intime. Sans doute parce qu’il y a des choses qui ne peuvent être dites qu’à travers des mots glissés sous la porte qui attendraient l’éblouissement d’un rayon de soleil ou simplement que quelqu’un les lise. Quel privilège que celui de la lecture d’ouvrir un champ de liberté quand les mots vous dévisagent un peu de la même façon que tout objet familier par sa seule présence.

 Chaque message constitue une petite bouteille à la mer. Il peut échoir entre n’importe quelle main inconnue. De l’inconnu au familier tout le chemin est là, celui d’une vie, celui d’un spectacle, où le spectateur complice suit le parcours d’un curieux collectionneur, participe au concert d’une myriade de petites choses géniales.

 Un concert orchestré par un enfant devenu adulte qui agite sa baguette magique de récolteur de bonheurs sinon pour effacer le malheur, lui résister de bonne guerre.

 Paris, le 21 Octobre 2018

Mise à jour le 23 Octobre 2019

 Evelyne Trân

TOURNÉE 2020

23 Janvier
Culture Commune, Scène
Nationale du bassin minier
9 > 12 avril
Le Bellovidère, Beauvoir
25 avril
Communauté de Commune
Osartis-Marquion, Quéant
29 mai
Le Fil et la Guinde,
Wambrechies
5 juin
Festival Traverse, Festival
Itinérant des Arts de la Parole
du Haut Val de Sèvre
Août
Festival l’été de Vaour
Communauté de Commune
du Pays Solesmois
(date en cours)

 

 

 

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