Dans le cadre du FESTIVAL VIRTUEL.HOM[ME] – 4e EDITION – L’Amour en morceaux – Compagnie Tàbola Rassa – THÉÂTRE VICTOR HUGO 14, avenue Victor Hugo- 92220 Bagneux – Du vendredi 30 novembre au mardi 4 décembre Vendredi, samedi, mardi à 20h30 et dimanche à 17h00 –

 

Mise en scéne et texte français Olivier Benoit

Interprétation Maria Cristina Paiva et Asier Saenz de Ugarte

Création lumière Jorge Garcia et Sadock Mouelhi

Costumes et marionnettes Maria Cristina Paiva

Adaptation et dramaturgie Maria Cristina Paiva, Jonata Puente et Olivier Benoit

Chorégraphies tango Jean-François Auguy et Brigitte Buisson

Musicien Rémi Libéreau

Photographie Romain Danger

 

Il était une fois un homme seul, terriblement seul, un brave homme tout de même dont la vie est réglée comme sur du papier à musique, avec son refrain infernal : métro, boulot, dodo.

 Un jour, séduit par une publicité qui lui vante le bonheur d’avoir à domicile une compagne de rêve, il achète un mannequin qui arrive par la poste en morceaux.

 Aucun risque de déboires avec cette femme automate programmée pour satisfaire tous les désirs d’un homme. Il suffit d’apprendre à bien la manipuler grâce à la notice. Elle est capable d’assurer le ménage, apporter le petit déjeuner et se prête volontiers à tous les attouchements possibles.

 Une femme objet dans toute sa splendeur ! Mais les objets vivent, figurez-vous, indépendamment de nos désirs, ils savent profiter de nos absences, à moins qu’ils ne deviennent les supports de quelques esprits invisibles.

 Le spectacle librement adapté de la nouvelle « Amor em pedaços » de Caio Silveira Ramos se réfère à une réalité qui dépasse les bornes.

 « Au Japon, les « rabu dôru », poupées en silicone hyper-réalistes dotées d’un vagin amovible, existent depuis plusieurs années et il s’en vend des milliers tous les ans. Souvent veufs ou célibataires endurcis, leurs acquéreurs les traitent parfois comme de vrais êtres » 

 S’agit-il d’un phénomène de société révélateur des pertes de repères des individus qui privilégient leurs bulles pour se protéger d’un monde ressenti comme dangereux, voire explosif.

 Question philosophique par excellence, l’objet peut-il supplanter l’esprit ? Un leurre reste un leurre, un artifice d’accompagnement. Croit-on vraiment que les personnes âgées à qui l’on offre un chien en peluche robot pour les calmer, ne peuvent faire la différence entre un vrai chien et ladite peluche ? Et si elles ne sont plus capables de faire la différence, n’est-ce pas aller dans le sens de leur perte de conscience que de leur donner un faux animal plutôt qu’un vrai lequel évidemment poserait bien des problèmes matériels.

 De tels choix impliquent une vision tellement matérialiste de l’humain ! Une façon de considérer l’homme lui-même comme un objet, en persistant à l’évaluer en termes économiques, à l’assimiler à une marchandise ou un cobaye médico-scientifique.

 Chassez le naturel, il revient au galop ! Fichtre ! Dans le merveilleux spectacle de la compagnie TÀBOLA RASSA, la nature reprend ses droits, elle guide notre imaginaire intempestif en nous rappelant que nos désirs ne sont jamais statiques, ils évoluent, ils ne cessent d’évoluer grâce à cette part d’inconscient qui nous échappe mais nous permet d’ouvrir d’autres portes que celles furieusement utilitaires de notre société.

 « Objets inanimés, avez-vous donc une âme… » s’exclamait Lamartine. Nous pouvons le croire pendant ce spectacle subtilement magique qui dévoile comment une femme robot, objet de fantasmes d’un célibataire possessif, finit par lui échapper complètement.

 Grace à une mise en scène superbement réglée, nous entrons dans la tête du personnage plein de contradictions car en réalité ce qu’il attend de la femme automate c’est qu’elle lui procure les mêmes émotions qu’une vraie femme.

 D’une certaine façon le spectacle visualise ses rêves et cauchemars, ses petites frayeurs, ses maladresses masculines, son machisme ordinaire tout en le portraitisant de façon plutôt touchante et drôle.

 Nous espérons que ce spectacle certainement inspiré de la fantaisie fascinante de Méliès, des films muets d’antan, auxquels s’ajoute la dimension comique du slogan publicitaire  » Achetez donc une femme robot !  » continuera sa tournée pour le bonheur des grands et des petits.

Le merveilleux n’a pas de prix !

 Paris, le 29 Décembre 2018

 Evelyne Trân

Un commentaire sur “Dans le cadre du FESTIVAL VIRTUEL.HOM[ME] – 4e EDITION – L’Amour en morceaux – Compagnie Tàbola Rassa – THÉÂTRE VICTOR HUGO 14, avenue Victor Hugo- 92220 Bagneux – Du vendredi 30 novembre au mardi 4 décembre Vendredi, samedi, mardi à 20h30 et dimanche à 17h00 –

  1. Merci pour les encouragements! Je vois que vous avez tout à fait saisi le propos et cela nous donne du courage pour les prochaines répétitions qui visent, en plus de l ‘aspect plastique, à améliorer certaines choses au niveau de la compréhension. Tout le monde ne comprends pas aussi clairement que vous que c’est l’homme qui commande la créature, par exemple…
    Encore un grand merci.
    Bien à vous.
    Olivier.

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