PULVERISES d’Alexandra Badea – Mise en scène Vincent Dussart – CREATION 2017 au THEATRE JEAN VILAR – 16 Place de l’Hôtel de Ville 02100 SAINT QUENTIN – les 13 et 14 Novembre 2017 –

 

L’Arche est éditeur et agent théâtral de la pièce Pulvérisés d’Alexandra Badea

Mise en scène et scénographie Vincent Dussart

Avec Patrice Gallet, Tony Harrisson, Simona Maicanescu et Haini Wang

Le Tu tempête à l’intérieur de la tête, il a plusieurs bras, plusieurs visages, c’est le moteur indocile, spectateur de ses propres représentations, dès lors qu’en tant qu’individu, il se trouve occulté, enfermé, prisonnier semble-t-il d’une toupie spinner géante, l’ordre mondial, qui ne semble pas vouloir s’arrêter, édicte ses lois, celles du marché, de la rentabilité.

Le podium cruciforme d’une blancheur crue, imaginé par le metteur en scène n’est qu’une assiette plate en somme, une figure géométrique abstraite, virtuelle, un support sans âme qui aimante malgré eux les travailleurs.

Est-il possible d’imaginer que cette toupie monstrueuse puisse continuer à tourner sans esprit.

A l’époque des pharaons ce sont des milliers d’esclaves au péril de leur vie qui construisaient les pyramides.

Esclaves d’une toupie géante ? Allons donc ! La question du travail est-elle la bonne question existentielle de nos jours ? D’aucuns vous répondront « Travailler et oui, on n’a pas le choix. Dans quelles conditions, ah ça non plus cela ne dépend pas de nous ! »

Mille milliards de neurones, répartis sur le papier mâché de la carte d’une humanité exsangue qui ne formerait pas un pli ? Allons donc !

Alexandra BADEA, l’auteure de PULVERISES ne veut pas croire que les individus se résument à des chiffres, qu’il soit nécessaire de les lobotomiser pour qu’ils travaillent mieux.

Le plan de travail crisse, s’écorche aux quatre coins du monde. Alexandra BADEA pose son doigt là où ça fait mal. Les travailleurs dont elle découvre les voix intérieures, une ouvrière chinoise à Shanghai, un superviseur de plateau sénégalais à Dakar, une ingénieure d’études à Bucarest, un responsable assurance qualité à Lyon, n’ont pas d’autres interlocuteurs qu’eux-mêmes.

Elle écoute en plein jour le bruit de leurs solitudes. Leurs journaux de bord s’enfoncent dans une sorte de tapis roulant qui déroule toujours la même chose, la même musique. Tous semblent étouffés par le sacro-saint temps de travail. Si nous étions patrons, nous leur dirions « mais arrêtez donc de penser, vous perdez du temps, c’est du gaspillage pour l’entreprise ! «

Se désigner soi-même ça vaut le coup tout de même. Toi travailleur, tu sais que tu as été engagé parce qu’ils ont jugé que ta carcasse prédisait un bon moteur, tes jérémiades ne passeront pas la rampe, personne ne les entendra, au pire dans mille ans ceux qui tomberont dessus croiront avoir affaire aux hommes des cavernes !

Faut-il que le mot travail devienne le synonyme de cauchemar. Alexandra BADEA formule un rêve, celui du bien-être au travail. Gagner les rives de ce rêve, oui c’est possible nous dit le metteur en scène qui présentait la pièce à des scolaires, le 14 Novembre 2017 à ST QUENTIN.

Un monde du travail abruti par des cadences infernales, quel jeune peut en rêver à la sortie de l’école ? Faut-il donc qu’il mette au panier tous ses vieux livres. A quoi sert-il donc d’apprendre à penser si l’avenir c’est l’esclavage ! Qu’on leur glisse entre les mains 1984 de Georges ORWELL ou Fahrenheit 451 de Ray BRADBURY qui pose cette simple question : qu’adviendra-t-il à l’humain si à l’aune d’une idéologie «barbare» il ne puisse plus s’écouter lui-même en tant qu’individu et croire en sa propre lueur de vivre, de respirer, de créer.

La pièce d’Alexandra BADEA traite de façon aiguë de la souffrance au travail. Elle est mise en scène avec une sobriété éclatante par Vincent DUSSART grâce à un dispositif choral, immersif qui place chaque personnage sous le projecteur de ses pensées intimes et celles du public.

Avec une belle énergie les comédiens incarnent ces travailleurs humains, trop humains, ces travailleurs dont il serait temps (toujours le temps) de se souvenir qu’ils ont chacun un visage, un corps et peut-être bien une âme !

Paris, le 19 Novembre 2017

Evelyne Trân

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