HETRE – COMPAGNIE LIBERTIVORE – CASTELLO DI AGLIE – 1 LUGLIO 2017 –

scritto e diretto da Fanny Soriano
con Kamma Rosenbeck
musica Thomas Barrière
costumi Sandrine Rozier

C’est l’histoire d’une branche qui pleure de solitude, elle ne se souvient pas de quel arbre elle provient. Un jour d’orage sans doute, elle fut emportée par le vent, l’esprit du vent sombre et mélancolique. Survient une jeune nymphe, belle parmi les nymphes « Si clair, leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air » dit d ‘elles Mallarmé dans son poème « l’après-midi d’un faune ».

« Aimai-je un rêve » murmure-t-il aussi.

La nymphe, une jeune danseuse apparait fascinée par la branche tordue très expressive, comme si elle avait affaire à une souche d’arbre ensorcelée, habitée par un esprit puissant et mystérieux.

Il y a bien sortilège, sortilège du mouvement, transmutation. La danseuse répond à l’appel de la branche. Ses bras, ses jambes, ses mains font corps avec l’objet insolite et c’est probablement un effet de l’imagination, la branche fait soudain penser à un boa, prêt à s’enrouler autour du torse de la nymphe.

Toutes les interprétations sont permises bien sûr. Des poètes asiatiques verraient sous l’apparence de la branche tordue, un prince déchu qui pleure son amour perdu, et en la nymphe une figure éternelle de la douceur et de la compassion.

Champ du visible et champ de l’invisible, la frontière est mince. La danseuse semble exprimer ce que demande la branche, elle s’adapte à sa forme, elle fait l’amour avec ce prince charmant. Aura-t-elle épuisé toutes les positions ?

Nous pensons qu’à chaque représentation, la danseuse aérienne Kamma ROSENBECK dépose un secret au cœur de la branche. Ce genre de secret que nos yeux gourmands doivent recouvrir d’un voile, faute de quoi le charme serait rompu. La jeune nymphe nous fait signe à travers la branche talisman qu’il s’agit d’un rêve : elle s’habille, elle se déshabille au milieu d’une forêt de regards qui retiennent leurs souffles , elle est mue par la seule force vitale de son corps à l’écoute de l’esprit du hêtre, de sa musique à cordes imaginée par Thomas Barrière.

Ce poème chorégraphique a été créé par Fanny SORIANO de la Compagnie Libertivore. Kamma ROSENBECK qui reprend le rôle de la danseuse est fille secrète de la forêt dont elle tire son charme étourdissant, elle est l’idée même du poème qui danse ….troublé par une branche… « J’ai vu passer une nymphe, je l’ai sentie passer » dirait le poète, qui a pris l’apparence de ce sarment de hêtre.

Paris, le 2 Juillet 2017                   Evelyne Trân

 

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