Gilles et Bérénice de Gilles CAILLEAU à La Gare Franche – 7 Chemin des Tuileries 13015 Marseille – TOUT PUBLIC à partir de 13 -14 ans – Du vendredi 30 septembre au dimanche 16 octobre 2016 –

Gilles et Bérénice – YouTube

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Inspiré de Bérénice, de Jean Racine
Gilles Cailleau : écriture, scénographie et interprétation – André Ghiglione : mise en herbe – Nils Brimeur : lumières – Christophe Brot : décor et accessoires – HMMH : chapiteau-parapluie – Virginie Breger : costumes – Nils Brimeur, Thibaud Boislève, Eric Ladan et Lydie Del Rabal : régie et montage – Patou Bondaz : administration – Anne-Laurence Loubigniac : diffusion – Célia Jaussiome : affiche

Prochaines représentations DATES ET HORAIRES :

Vendredi 14 octobre, 20h
Samedi 15 octobre, 20h
Dimanche 16 octobre, 16h

Absorber Racine par la racine, c’est le défi que relève à chaque représentation de Gilles et Bérénice sous un chapiteau parapluie le comédien circassien Gilles CAILLEAU, avec la compagnie Attention fragile. Nous avons eu la chance d’assister à la 184ème représentation à la Gare Franche, un lieu de création unique à Marseille «  en plein milieu des quartiers nord, une usine métamorphosée en théâtre, une bastide où se croisent des tas de gens, des oies et des jardins potagers » où il a élu résidence du 18 Septembre au 21 Octobre 2016.

Les histoires d’amours contrariées sont universelles, les sentiments n’ont pas de frontière et quiconque a croqué une pomme d’amour aura le déclic nostalgique ou mélancolique, c’est selon, en l’imaginant cette belle pomme dévaler sur un champ de coquelicots. Absurde, improbable, surréaliste. L’histoire, Gilles Cailleau nous la raconte un peu comme si la pièce de Bérénice lui était tombée sur la tête, pour le faire parler lui, sa grand-mère et tous les gens qu’il fréquente notamment des lycéens.

Mystérieuse pomme que cette pièce Bérénice, trop belle, trop tentante, trop lisse. Mais elle ne demande qu’à être goûtée, à fondre dans votre bouche. Bérénice, grosso modo, c’est l’histoire d’amour compliquée de deux amis d’une vingtaine d’années qui n’ont d’yeux que pour Bérénice. L’élu de cœur de Bérénice, Titus décide de rompre ses fiançailles pour raison d’état – « la coutume romaine est tellement bête, tellement banale » nous glisse Gilles Cailleau – tandis que le soupirant Antiochus avoue sa flamme à la belle Bérénice ulcérée qui ne ne veut pas l’entendre… Tous les trois souffrent, se déchirent. Racine met en musique leurs émotions et soudain voici qu’un trublion, un clown, un saltimbanque force la vitrine de quatre siècles et déclare tout de go qu’il est Titus, Antiochus, Bérénice, tous à la fois, des jeunes du 21ème siècle qui font du camping et dorment sous la même tente dans un champ de coquelicots.

Nous le croyons parce que Gilles Cailleau est manifestement atteint par cette pièce qu’il a apprise par cœur à vingt ans, qu’il a dû déclamer en état d’ivresse comme ce pauvre Antiochus mal aimé. Les notes de Racine se répandent par vagues en pleine ébullition, court-circuitant les fanfaronnades du circassien, qui ne rêve que de voir s’élever Bérénice incarnant tous les chagrins d’amour dans leur fulgurante douleur.

Gilles Cailleau nous convie à un improbable et surprenant pique- nique avec Bérénice, Titus et Antiochus sous un chapiteau parapluie qu’il déplace très volontiers tel le tapis volant d’Aladin. Il a bu dans la potion magique de Racine qu’il nous fait goûter de façon ubuesque, étourdissante, renversante !

Paris, le 10 Octobre 2016                         Evelyne Trân

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