Augustin passe aux aveux d’après les confessions de Saint Augustin – traduction de Frédéric Boyer – Adaptation de Martine Loriot et Dominique Touzé – au THEATRE DES DECHARGEURS – 3, rue des Déchargeurs 75001 PARIS – à 21 Heures, les jeudis et vendredis du 19 Mai au 1er Juillet 2016 –

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« La maison de mon âme est étroite » dit Saint Augustin, le célèbre auteur des Confessions, un livre où il retrace l’itinéraire qui a abouti à sa conversion au christianisme. Le chemin d’Augustin paraît strictement intérieur et la lecture de ses confessions peut interpeller aussi bien les croyants que les athées en tant que témoignage d’un homme dont la quête spirituelle renvoie aux angoisses existentielles de tout être, qui ne sont pas l’apanage des seuls religieux.

L’expérience d’être vivant n’est évidemment par la même pour tous. Le corps, siège des émotions, est-ce donc la maison dont parle Augustin ? L’aveu de ses débordements charnels, l’épreuve du plaisir, les pulsions sexuelles qui travaillent un homme ou une femme, comment les surmonter ? Font-elles partie de ces démons qui poussent les hommes à la guerre ou au mysticisme meurtrier.

Les religions, c’est certain, se sont appliquées à jeter des points de suture aux débordements humains, quitte à se mordre la queue, à se mordre la langue.

Il n’y a pas de discours adapté pour rendre compte des tourments individuels. Ceux qui souffrent sont dits malades sinon fous. Le manichéisme, cette philosophie qui fut une religion proposant une vision du monde partagé entre bons et méchants, obscurcit la conscience humaine.

Pour la petite histoire, Augustin n’était pas un pur Romain, il avait des origines berbères. Les migrations des populations de mémoire d’homme ont toujours existé. Qui voudrait empêcher le monde de bouger ? Il est terrible aujourd’hui, d’entendre de la bouche d’un parti d’extrême droite qu’il faut empêcher les migrants d’envahir l’île de Mayotte parce qu’ils sont porteurs d’une vilaine religion. Les migrants sont-ils des insectes, des cafards humains destinés au saupoudrage insecticide ?

Qu’en aurait pensé Augustin ? Son interlocuteur idéalisé est Dieu, mais ses questions concernent l’homme et le monde.

L’adaptation théâtrale des confessions de Saint Augustin par Martine LORIOT et Dominique TOUZE ouvre un pan de rideau sur la personnalité de l’homme. Interprété par Dominique TOUZE, le personnage dégage une chaleur humaine, un aspect bon vivant, inattendu de la part d’un prêtre devenu saint.

L’écriture paraît si moderne qu’elle évoque des textes, des conversations de héros Dostoïevskiens.

A la question « Qui est là ? »d’Augustin répond au centre de la scène comme installé sur son trône, le musicien Guillaume BONGIRAUD, interprète de sa composition musicale pour violoncelle électro-acoustique et percussions.

Cette porte ouverte vers Augustin est empreinte d’un charme réel . Et puis Augustin avait la chance d’ignorer qu’il deviendrait saint. Ici, incarné par Dominique TOUZE, c’est heureusement un homme de toute sa charpente humaine qui s’exprime.

Paris, le 13 Juin 2016                                      Évelyne Trân

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