LA VIE BIEN QU’ELLE SOIT COURTE de Stanislav Stratiev au THEATRE DU LUCERNAIRE du 23 MARS AU 7 MAI 2016 du Mardi au samedi à 19 Heures

AFFICHE%20La%20vie%20bien%20quelle%20soit%20courte_HDMise en scène: Sophie Accard         Traduction : Catherine Lepront    

Musique originale : Cascadeur

 Avec Sophie Accard, Tchavdar Pentchev , Léonard Prain

 Durée : 1h15          

Serions nous des humains si nous ne savions pas nous compliquer l’existence ? L’histoire que nous conte l’auteur Bulgare Stanislav STRATIEV, ne tient pas debout. C’est tout son charme d’ailleurs. Imaginez un jeune architecte, plutôt fier de ses talents, qui décide un jour de faire entendre sa voix pour dénoncer « l’édification d’immeubles lamentables ». Est-ce un coup d’enflure de ses chevilles, voilà que le bouton de son pantalon cède et que le pauvre homme doit se mettre en quête d’un fil et d’une aiguille.

Parcours du combattant pour cet intellectuel qui au cours de plusieurs péripéties, va pouvoir prendre la mesure de ces petits détails matériels qui s’ils ne changent pas la face du monde peuvent bien lui faire perdre la sienne.

Chercher une aiguille et du fil dans un environnement déshumanisé revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Le seul mercier que notre héros a la chance de dénicher ne lui promettra de recoudre son pantalon dans un délai de trois jours, qu’après de multiples pourparlers et un questionnaire intrusif. Soit dit en passant, l’on ne voit plus guère aujourd’hui de boutiques de mercerie.

Le jeune architecte exaspéré a beau rêver de tordre le cou de cet inquisiteur de mercier, il doit ôter son pantalon et assumer son dénuement. Son interlocuteur n’était qu’un mur ce qui d’une certaine façon colle bien avec sa fonction d’architecte.

Notre héros s’est-il rendu compte que la froideur des bâtiments dont il a été lui même maître d’œuvre, a déteint sur les personnes. Le mercier auquel il a affaire n’est qu’un bureaucrate, voire un robot, sans aucun état d’âme.

On peut voir dans cette pièce un fable kafkaïenne mais il s’agit ici d’un réalisme comique poussé finement jusqu’à l’absurde qui fait penser à certains clins d’œil de Jacques TATI.

Beaucoup de fraîcheur , de la poésie même se dégagent de la mise en scène de Sophie ACCARD. On se prend à rêver que le monde serait peut être meilleur, si l’on pouvait se permettre de circuler sans pantalon .

La perte du pantalon figure aussi chez Beckett dans « En attendant Godot » . Curieux syndrome qui traduit bien cette propension humaine à se compliquer l’existence. Tout bien considéré, nous sommes des animaux habillés.

Ici la perte de pantalon, symbolise la perte d’humanité et la honte que le jeune architecte éprouve face à la laideur des immeubles bâtis pour les pauvres.

Nous somme séduits par la démonstration cocasse de Stanislav STRATIEV, la pièce servie par d’excellents comédiens nous interpelle vigoureusement.

Paris, le 29 Mars 2016                                          Evelyne Trân

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