A Contre Voix d’Elisabeth Bouchaud au Théâtre de LA REINE BLANCHE – 2 bis Passage Ruelle 75018 PARIS – Du 16/12/2015 au 20/03/2016 – du Mercredi au Vendredi à 21 Heures, le Dimanche à 17 Heures –

a_contre_voix_706x432-7805– distribution :
Théâtre lyrique d’Elisabeth Bouchaud,
Avec Clara Schmidt, soprano, et Elisabeth Bouchaud
Conseil musical Elodie Delélée-Cassarino
-mise en scène :
Mise en scène Nathalie Martinez

Voilà une pièce très émouvante d’Élisabeth BOUCHAUD, joliment mise en scène par Nathalie MARTINEZ et ce qui ne gâte rien fort bien interprétée par les comédiennes.

La voix de soprano de Clara SCHMIDT fraîche et nuancée fait partie du charme du spectacle mais le jeu de la comédienne séduit tout autant.

Dans cette pièce, Élisabeth BOUCHAUD nous parle de la relation entre deux femmes, dans les années trente, l’une très jeune, l’autre aux abords de la quarantaine, toutes deux passionnées par la musique et le chant. C’est Rose, la plus âgée, qui demande à Marguerite de devenir son amie. Tout le long de la pièce, la réalité de leur amitié paraît ambiguë. Leur seul point commun c’est l’amour de la musique, mais beaucoup de choses les séparent, leurs conditions, leurs expériences et l’âge en particulier. Cette rencontre permettra néanmoins à Marguerite de s’affirmer et à Rose de prendre conscience qu’elle a voulu se rapprocher de Marguerite non pas tant par amour de l’art que par un désir inconscient de recouvrer sa propre jeunesse.

L’emprise que Rose entendait avoir sur Marguerite ne durera que le temps d’un éclair, d’une illusion. L’une est vouée au succès par son talent et sa jeunesse, l’autre au désenchantement, d’une part parce qu’elle n’a plus l’âge de monter au créneau, d’autre part parce qu’elle a compris qu’elle ne peut parler d’elle même sans faire resurgir ses faiblesses, de vieilles douleurs, trop lourdes pour être entendues par Marguerite. « Lâche moi ! » semble t-elle lui dire à la fin de la pièce. C’est compréhensible mais cruel. Rose, une femme indépendante, libérée (elle confiera avoir avorté) se retrouve face au vide affectif qu’elle avait dénié. Sans homme, sans enfant, sans amie, c’est sa voix de petite fille qui lui revient, c’est au bord du trou qu’elle réentend la voix de sa mère devenue sa seule interlocutrice.

Cela dit, cette tentative manquée de Rose d’exister aux yeux de la belle et jeune Marguerite, n’est pas exprimée de façon pathétique. Il semble qu’Élisabeth BOUCHAUD raconte un de ces moments de rupture irrévocable. L’enfant ne doit-il pas quitter ses parents pour prendre son envol, sachant pertinemment que pour avancer, il n’a pas d’autre choix que de partir.

La fugace amitié entre les deux femmes renvoie finalement Rose à cette relation »ombilicale » entre une mère et sa fille … N’était ce point une partie d’elle même, qu’elle a cru voir chez Marguerite ?

La complexité des personnages est fort bien rendue par les interprétes, Clara SCHMIDT joue avec passion une jeune fille qui se débat pour réussir, Élisabeth BOUCHAUD fait ressentir les fêlures d’une Rose, piquante et vive, à la recherche d’elle même.

Nous avons beaucoup aimé la scénographie qui donne à voir une sorte de grande loge servant de grenier à des accessoires de théâtre, grand miroir, balançoire, piano, divan, paravent chinois etc…juste pour rêver.

Et puis surtout, répétons le, ce qui nous apparaît le plus important au théâtre, nous avons été émus. Dans cette pièce, Élisabeth BOUCHAUD dessine de beaux portraits de femmes, des femmes libres, cela s’entend !

Paris, le 1er Février 2016                          Evelyne Trân

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