KING LEAR AU THEATRE DE NESLE – 8, rue de Nesle 75006 Paris – Du 10 Décembre 2014 au 14 Février 2015 du Mercredi au Samedi à 21H.

roilear

  • Date : Du 6 février 2015 à 21 h 00 min
  • Jour(s) & horaire(s) : Toutes les semaines le Mercredi , Jeudi, Vendredi, et Samedi jusqu’au 14 février 2015
  • Tarif plein : 23€ PT, 18€ TR, 15€ jeunes
  • Auteur : William Shakespeare
  • Mise en scène : Rona Waddington. Scénographie Frédéric Bouhon.
  • Avec : Joanna Bartholomew, Fiamma Bennett, Nick Calderbank, Damian Corcoran, Vincent Latorre, Gabriella Scheer
  • Compagnie : Lynx & New Open Space

C’est à un réjouissant baptême de l’air avec la langue de SHAKESPEARE que nous convient les compagnies LYNX,NEW OPEN SPACE et Théâtre de NESLE avec cette adaptation du KING LEAR en anglais, sur-titré en français.

 Concentrée sur les scènes principales de la pièce, la mise en scène privilégie le jeu des acteurs qui jouent tous plusieurs rôles, hormis Nick CALDERBANK qui interprète le rôle-titre.

 Pour un public non anglophone, la perception de cette pièce en anglais, c’est une rencontre pleine de surprises qui permet de saisir par l’oreille, la puissance, la vigueur, la violence de la langue Shakespearienne.

  L’épreuve est sensorielle car les spectateurs peuvent aussi bien saisir le sens des paroles en observant les visages des interprètes, leurs mouvements. Tout va très vite, les interprètes aiment la langue de Shakespeare qui fuse, éclate, sort de ses gonds, rebondit. Quel socle extraordinaire, cette langue pensons-nous, qui permet  d’exprimer des sentiments extrêmes, sous une déferlante de phrases, magnifiquement maîtrisée.

 La mise en scène  met en évidence cette boule de feu de la passion qui dégénère pour ne plus devenir qu’une pluie de cendres. La victime principale, le roi Lear, va découvrir au seuil de sa vie que le pouvoir qui permet de tout obtenir n’a rien à voir avec l’amour.

Il va être trahi là où le bât blesse, le sentiment. L’apparat du pouvoir et de la fortune lui donnait l’illusion, d’être aimé. Dépouillé par ses filles qui l’avaient pourtant assuré de leur amour, il n’existe plus sauf pour celle qu’il a bannie, sa fille CORDELIA qui seule a su se taire.

 Dans cette pièce, SHAKESPEARE, comme dans HAMLET, souligne l’importance des conflits affectifs, historiques, dans les guerres que se mènent les hommes. N’oublions pas que la famille configure une micro société.   

 Il n’y a pas de personnages véritablement tièdes dans cette pièce, Tous sont animés par la passion. Tout se passe comme si le Roi Lear avait ouvert une boite de pandore, en offrant  ses biens à ces deux filles se disant les plus aimantes, Goneril et Regane. L’avidité, la jalousie, la noblesse de cœur également, aussitôt trouvent place dans une galerie de personnages complexes liés les uns aux autres. Comme si cette solitude immanente qu’exprime chacun d’eux, que ce soient, le fils batard Edmond, Edgar, le fils légitime, Gonéril, Regane, Cordélia, le Compte de Gloucester, et le valeureux Comte de Kent, les engageait vers un précipice absurde, la mort.

 Nick CALDERBANK n’a besoin d’aucun artifice pour exprimer ce Roi Lear, il incarne physiquement et moralement, un homme orgueilleux rappelé à sa condition d’homme mortel, d’homme déchu, pour cause de vieillesse et d’aveuglement. Il est profondément humain.

 Ses partenaires ne sont pas en reste. Dans un tourbillon presque effréné, les comédiens traversent toutes les postures des différents personnages, comme s’ils sautaient de l’un à l’autre, avec une souplesse remarquable. Leurs visages sont aussi expressifs que leur diction. C’est SHAKESPEARE qui respire, qui s’emporte, dans  cette jolie salle voûtée du Théâtre de Nesle.

 La langue de SHAKESPEARE règne en maître dans cette mise en scène. Pas de décorum, juste quelques petites caisses qui se retournent, et trois draps blancs en fond de scène. Les artistes n’ont pas de costumes d’époque. Le théâtre, c’est la vie, semble dire la metteure en scène, Rona WADDINGTON. Il n’y a pas besoin de coulisses, car les comédiens sont également régisseurs, ce sont eux qui assurent les effets sonores et portent les coups d’envoi de chacune des scènes.

 Dans ce bain de vapeur SHAKESPEARIEN, les spectateurs entourés des personnages du KING LEAR s’éprouvent transis  et heureux.  

 Un spectacle à ne pas manquer ! L’occasion est rare en effet, en France, d’assister à une pièce de SHAKESPEARE dans sa langue originale. Toute l’équipe du spectacle, s’emploie à séduire le public français avec une énergie de tous les diables.

 Paris, le 8 Février 2015                 Evelyne Trân

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s