FEMMES DE L’OMBRE 1914- 1918 AU THEATRE DU PETIT HEBERTOT – 78 BIS BLVD DES BATIGNOLLES 75017 PARIS – Du 10 novembre au 30 décembre 2014L – le lundi et mardi à 20h00

FemmesOmbre-AFFICHES-HD-03-682x1024 Pièce écrite et interprétée par Brigitte BLADOU

Mise en scène Raymond ACQUAVIVA

La première année de la commémoration de la première guerre mondiale s’achève. Dans les livres d’histoire, la vie des femmes pendant ces quatre années de guerre de 1914-1918 est évoquée par quelques lignes qui rendent hommage à leur courage dans ces circonstances terribles où elles devaient  mener de front le travail à l’usine ou aux champs et celui  de protectrice du foyer, parce qu’il fallait faire tourner la marmite, coûte que coûte, que la vie ne s’arrêtait pas avec l’absence  des hommes.

 Leurs efforts ont contribué à l’émancipation féminine. Elles ont pris conscience qu’elles  pouvaient être chefs de famille, avoir le pouvoir de décision et être aussi actives que les hommes. Il faut se souvenir qu’à cette époque une femme mariée était complètement sous la tutelle de son mari qui avait la signature pour la plupart de actes juridiques et surtout qu’elle n’avait pas le  droit de vote.

 Ces années de guerre ont marqué ces femmes d’arrière plan – dont l’instruction scolaire s’arrêtait souvent au certificat d’étude -, soumises aux décisions des hommes et répétons-le  sans aucun pouvoir politique. Ce sont nos arrières et arrières grands-mères dont les témoignages se sont transmis oralement et qui flottent dans la mémoire de leurs petits enfants.

 Ceux qu’a recueillis Brigitte BLADOU forment la texture de son spectacle, sobrement mis en scène par Raymond ACQUAVIVA, à travers un journal au jour le jour, assez poignant, parce qu’il rend compte de ce huis clos de solitude et d’angoisse qu’éprouve Louise, une héroïne ordinaire qui doit s’accrocher moralement pour supporter, tant bien que mal, les échos infernaux de la guerre à travers les correspondances de son époux dans les tranchées, les problèmes matériels, la misère, la surcharge de travail.

 Quelques chansons,  des évocations d’événements  comme la chute du Tsar Nicolas, le massacre des Arméniens situent le récit de Louise dans un contexte historique, particulièrement mouvementé, mais l’intérêt du spectacle c’est de faire ressentir de l’intérieur cette guerre à travers la voix d’une femme qui ne comprend pas la guerre qui la subit et qui, sans nul doute, va tirer les leçons de cette terrible expérience en décidant de s’émanciper, en prenant enfin la parole.

 Il s’agit d’un mouvement de femmes qui rend compte de leur évolution dans une société d’hommes. Quand on entend certaines voix parler de la féminisation des hommes, nous n’avons pas envie de les plaindre ces hommes-là ! Dans notre inconscient collectif, il demeure cette sensation que pour lutter contre la guerre,  les hommes et les femmes entendaient être solidaires pour le meilleur.

 Ces femmes d’ombre qu’évoque avec émotion Brigitte BLADOU, à travers le personnage de Louise, toucheront aussi bien les hommes que les femmes d’aujourd’hui, elles font partie de notre histoire, de nos petites racines, de notre sève d’espoir !

 Paris, le 22 Novembre 2014            Evelyne Trân

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