Deux frères de Fausto Paravidino par la Compagnie Les Vagabonds – Au théâtre de l’AKTEON – 5, rue du Général Blaise 75011 PARIS – Du 13 septembre au 16 novembre 2014 – A 18 Heures les samedis et dimanches –

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Compagnie  Les Vagabonds

Auteur : Fausto Paravidino
Metteur en scène : Vincent Marguet
Acteurs : Kévin Poli, Joana Cartocci, Benjamin Bouzy
Costumes : Les Vagabonds
Décors : Les Vagabonds

Une belle découverte que cette pièce DEUX FRERES écrite par un dramaturge Italien contemporain Fausto PARAVIDINO et créée par la Compagnie LES VAGABONDS.

 La pièce traite de la difficulté de vivre ensemble de trois jeunes adultes de façon très aigue et poignante. Dans le huis clos d’un appartement, deux frères, Boris et Lev, très différents, vivent avec une jeune femme Erika que Lev a ramenée au domicile.

 Tous les personnages sont manifestement mal dans leur peau. A travers les lettres qu’ils envoient à leur famille, les deux frères expriment par leurs mensonges qu’ils se sentent coupés d’un monde qui ne peut répondre à leurs attentes. En clair, ils sont paumés affectivement et socialement. Erika dont nous apprendrons au cours de la pièce qu’elle s’est échappée d’un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide, arrive comme un cheveu sur la soupe dans le cocon formé par ces deux frères qui finissent par trouver insupportable,  la présence d’une étrangère.

 Le psychodrame va durer 53 jours. Sur le mur de la cuisine, dans la pénombre, à l’intervalle de chaque de scène, se projette l’ombre d’un réveil indiquant le temps qui passe tel un sablier sinistre.

 Tous les détails comptent et prennent une dimension monstrueuse dans un environnement confiné. De façon très scrupuleuse, le metteur en scène Vincent MARGUET traduit la violence de chacun des protagonistes à travers leurs relations aux objets, table, chaise, assiette, cuillère… La tension est si palpable que le bruit d’une cuillère dans le silence devient angoissant.

 Parce qu’ils ne peuvent pas quitter le monde de leur enfance, les deux frères bien que sollicités sexuellement par la présence sauvage mais vivante d’Erika, ne peuvent engager de relation véritable avec elle; dès lors elle devient l’élément étranger à expulser.

 Certaines scènes frisent l’hystérie mais elles sonnent juste, parce qu’elles témoignent du désespoir, de l’impuissance de ces deux frères à vivre ailleurs que dans leur cocon.

 Pathétique mais réaliste, la pièce évoque cette douleur de ne pouvoir communiquer avec les autres, même son propre frère, son mal être intérieur. Lorsqu’il s’exporte extérieurement, il atteint le seuil de tolérance et doit se commuer en silence, faute de devenir insupportable pour les autres.

 Les comédiens Benjamin BOUZY et et Kévin POLI sont impressionnants, et la jeune Joana CARTOCCI, qui joue la troublante Erika, est bouleversante.

 Un thriller psychologique mémorable, percutant qui sonde les travers de ces névroses au quotidien qui frôlent nos murs et les empoisonnent. Sans doute, faut-il les exposer au théâtre pour mieux les exorciser.

 Paris, le 17 Novembre 2014           Evelyne Trân

 

 

 

 

 

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