DANS LES VEINES RALENTIES
mise en scène Aurélie Van Den Daele , photographie et travail visuels Marjolaine Moulin et les mêmes concepteurs que ci-dessus.
avec Aurore Erguy, Julie Le Lagadec, Marie Quiquempois, Antoine Sastre, Aurélie TOUCAS
PEGGY PICKIT VOIT LA FACE DE DIEU
mise en scène Aurélie Van Den Daele avec Gwendal Anglade, Lorraine de Sagazan, Sol Espeche, David Seigneur
assistant à la mise en scène Grégory Fernandes, scénographie, lumières et son Collectif In Vivo (Chloé Dumas, Julien Dubuc et Samuel Serandour), costumes Laetitia Letourneau, conception visuelle / photographie Marjolaine Moulin
« Dévoiler les mécanismes de l’incommunicabilité.. » telle est l’ambition d’Aurélie VAN DEN DAELE, metteuse en scène associée au Théâtre de l’Aquarium qui met en scène deux pièces « Dans les veines ralenties » d’après Cris et chuchotements d’Ingmar BERGMAN et « Peggy Pickit voit la face de Dieu » de Roland SCHIMMELPFENNIG.
De mémoire, Nathalie SARRAUTE s’était exercée à faire retentir les voix intérieures de ses personnages pour signifier le décalage permanent entre la représentation et le vécu. Le procédé très efficace d’un point de vue réaliste en sortant de l’ombre les pensées et les rancœurs des individus, nettoie leur mystère, leur ambivalence. N’est-il pas heureux que notre inconscient puisse suppléer aux mécanismes ou réflexes qui soutendent nos comportements ? Ne peut-on remplacer le terme incommunicabilité par celui d’inconnu par exemple ?
Dans le langage humain, les gestes, les regards, les sourires peuvent fort bien remplacer les mots mais les humains aiment les conventions, ils en abusent. Ce sont les cérémonies familiales, les dîners entre amis où chacun devrait faire bonne figure et qui parfois finissent en catastrophes.
Il faut bien se mettre les points sur le I, la transparence n’existe pas car si nous étions transparents, nous nous rendrions compte de notre vacuité et nous ne serions pas ces êtres vivants en chair et en os, enviés par les fantômes.
C’est par défi peut être à cette transparence impossible, que la metteure en scène a recours aux effets vidéo qui espionnent chacun des personnages qui enfouissent leurs pensées contrariées sous des dehors convenables.
Du coup, le traitement des histoires des personnages n’est pas si réaliste puisqu’il introduit un troisième œil, celui de la caméra comme un étranger venu superviser dans la première pièce, le comportement de deux sœurs venues assister la troisième en train de mourir, et dans la 2ème , celui de deux couples qui vont être rattrapés par leurs mensonges, se piéger eux-mêmes au cours d’une soirée catastrophique où ils feront le deuil de leur « bonne conscience occidentale » avec pour partenaires Peggy Pickit, une poupée blanche en latex et Annie Abeni, une poupée noire en bois.
L’intrusion de cette caméra sied à l’ambiance de malaise que s’inoculent les personnages lesquels perdent un peu de leur chair au profit du virtuel questionnant les âmes errantes en quête de vie.
Puissent les spectateurs leur rendre le sourire à travers ce vœu indicible de la metteure en scène « Rendre visible le caché ».
Paris, le 2 Novembre 2014 Evelyne Trân

