L’ENTREVUE DE BADAJOZ – Comédie dramatique de Christian Morel de Sarcus, mise en scène de Richard Fériot, avec Eliezer Mellul et Richard Fériot au Théâtre du Nord Ouest -13 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris – Du 5 Octobre au 31 Décembre 2014 – Selon les jours : 17h00 19h00 20h45 21h00 –

ENTREVUE DE BADAJOZ BIS

Comédie dramatique de Christian Morel de Sarcus, mise en scène de Richard Fériot, avec Eliezer Mellul et Richard Fériot.    Réservation 08 99 03 63 60

P.S : Christian Morel de Sarcus et Richard Fériot étaient les invités de l’émission « DEUX SOUS DE SCENE » sur RADIO LIBERTAIRE  le  Samedi 4 Octobre 2014 (Peut être écoutée pendant 4 semaines, en podcast  sur le site Grille des émissions de Radio Libertaire).

 Il n’a vraiment pas de chance ce père général franquiste, aristocrate, il a engendré un fils artiste qui a fait la Révolution des œillets.

 Le père et le fils sont devenus des ennemis politiques mais le sort les accable puisqu’ils se retrouvent à  l’hôtel pour un ultime face à face à la frontière de l’Espagne et du Portugal dans la chaleur de l’Estrémadure.

 Il fallait enfoncer les clous et l’écrire donc, les idéaux politiques ne sont pas héréditaires.

 Il ne s’agit cependant pas d’un pamphlet politique sous la plume de Christian Morel de Sarcus. Ce dernier s’intéresse surtout aux rapports humains et explore les déchirements familiaux tant il est vrai que la famille c’est le microcosme de la société.

 Le vieux franquiste est dépeint comme un névrosé paranoïaque, le fils comme un être marginalisé par son homosexualité, vulnérable car conscient qu’il dégoûte son propre père.

 L’ambivalence entre l’amour et la haine parcourt toute la pièce. Le fils rejette naturellement la position politique de son père mais il parait affectivement attaché à la figure du père. Ce dernier éprouve comme une trahison de toutes ses valeurs un fils bohème, pauvre et homosexuel.

 Christian Morel de Sarcus ne développe pas cette thématique de façon caricaturale. Il met en évidence les difficultés relationnelles sur un plan quasiment épidermique. Le père et le fils se regardent comme des étrangers, le père notamment refuse de voir son fils nu. Camouflerait-il une homosexualité refoulée ?

 La tyrannie, le despotisme auraient-ils pour origine quelque névrose d’ordre sexuel ? Tant pis pour les vérités de la Palisse, il n’y a pas de procréation sans acte sexuel. Le héros n’a pas eu recours à l’insémination artificielle et se souvient du coït avec la mère de son fiston.

 La tragédie de l’incompréhension entre le père et le fils dans cette pièce dévoile à vif des plaies béantes que cherche à surmonter le fils au nom de l’avenir et à nier le père au nom de sa vérité.

 Eliezer MELLUL et Richard FERIOT incarnent au sens propre respectivement le père et le fils. Ils sont remarquables dans ce face à face captivant, terriblement émouvant. Ajoutons que  la mise en scène de Richard FERIOT simple et dépouillée est tout à fait appropriée à la pièce de Christian Morel de Sarcus qui séduit aussi par ses retournements et sa vigueur textuelle. A ne pas manquer !

 Paris, le 3 Octobre 2014                 Evelyne Trân

 

 

 

 

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