CHÈRE ELENA De Ludmilla RAZOUMOVSKAÏA – Mise en scène Didier Long – Au Théâtre Poche Montparnasse 75 Bd du Montparnasse 75014 PARIS – À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE – 21h du mardi au samedi, dimanche 15h –

  • AFF-CHERE-ELENA-ok-199x300
  •  Myriam BOYER
  • Gauthier BATTOUE
  • Julien CRAMPON
  • François DEBLOCK
  • Jeanne RUFF
  • Scénographie : Jean Michel ADAM et Didier LONG
  • Musique : François PEYRONY
  • Ils sont horribles et vindicatifs, ils devisent comme des philosophes, ils sont flambant neuf parce qu’ils sont jeunes et voient en la Chère Elena, leur professeur, vieille fille, une proie délectable. 
  • Véritable huis clos que cette pièce de Ludmilla RAZOUMOVSKAIA qui fut interdite en 1983 en URSS, parce qu’elle offrait un tableau sans concession de la société, en faisant entrer le loup dans la bergerie, représenté par des jeunes sans foi ni loi, prêts à renverser un pouvoir devenu obsolète et rigide, incapable de se remettre en cause. 
  • Nous assistons véritablement à la torture psychologique d’un professeur de la part de ses élèves qui prennent un  plaisir sadique à l’attaquer sur ce qu’elle a de plus précieux au monde, sa vertu, son intégrité morale. Ses élèves appellent cette forme de naïveté, le complexe d’Antigone. 
  • Reste que la figure d’Elena en impose, non par son arrogance, ni même par sa rigidité, mais par son humanité. Elena parait  touchée dans son cœur de femme, dans ses entrailles de femme car ses élèves qui se transforment en monstres, elle les a vus grandir, ce sont en quelque sorte ses petits.
  •  Quant aux jeunes qui se comportent en délinquants, leur aplomb se transforme en pétard mouillé, de sorte que la situation dégénère laissant pour morte la belle Elena, oui, belle, et les jeunes désemparés, pour ainsi dire paumés. La mise en scène maintient cette cadence infernale d’une lutte à mort pour un idéal de vie spirituel chez Elena, matériel chez les jeunes. Au premier degré car au-delà de la caricature, c’est une histoire de désenchantement qui s’exprime, tissant des liens entre les élèves et leur professeur. 
  • Une pièce psychodrame – qui doit demander beaucoup d’énergie psychique à ses interprètes et au metteur scène – qui réussit à être drôle, avec ce paramètre de suspense propre au thriller.
  •  L’alchimie entre Myriam BOYER si humaine et ses jeunes partenaires, c’est une  grâce d’émotion théâtrale, unique, à ne pas manquer.
  •   Paris, le 28 Septembre 2014                    Evelyne Trân

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s