INTERIEUR de Maurice MAETERLINCK – Mise en scène de Claude Régy à la Maison de la Culture du Japon à PARIS 101 Bis Quai Branly 75007 PARIS – Du mardi 9 au samedi 27 septembre 2014

INTERIEUR

Texte : Maurice Maeterlinck
Mise en scène : Claude Régy – Assistanat à la mise en scène Alexandre Barry

Scénographie Sallahdyn Khatir
Lumière Rémi Godfroy
Costumes Sallahdyn Khatir et Mai Ooka

Distribution

Soichiro Yoshiue Le Vieillard
Yoji Izumi L’Étranger
Asuka Fuse Marie
Miki Takii Marthe
Tsuyoshi Kijima Le Père
Haruyo Suzuki La Mère
Kaori Ibii, Mana Yumii Les Deux Filles
Gentaro Shimofusa Un Paysan
Hiroko Matsuda, Yusuke Oba La Foule
Hibiki Sekine et Yumeji Matsunaga (en alternance) L’Enfant

Assistante et interprète pour l’équipe artistique Hiromi Asai
Direction technique Sallahdyn Khatir
Lumières de la tournée européenne Pierre Gaillardot
Habilleuse Makiko Tango

Production : Shizuoka Performing Arts Center ; Les Ateliers Contemporains

A la Maison du Japon, dans la grande salle, quelques minutes avant la représentation d’INTERIEUR de Maurice MAETERLINCK, le public observe le silence en chœur. Puis tout se passe comme si les spectateurs étaient conviés à regarder le jour se lever. Et cela prend du temps. Mais ne s’agit-il pas d’un temps précieux, organique qui associe le regard de l’observateur à la durée et au plein.

 Cela qui ne finit pas. Nous n’avons notion de temps que celle de notre perception, mais il y a du temps funambule, du temps araignée qui échappent à notre conscience. Les sentiments font partie de ces temps-là, en raison de leur énergie flottante, de leur présence.

 Si le silence prévaut pour les contenir c’est que leurs émotions fragiles et tendres reculent devant l’obstacle. Ce sont les oiseaux de l’âme qui dès lors qu’on s’approche d’eux s’envolent.

 L’inachevé préside à l’achevé qu’on appelle l’évènement. L’inachevé regroupe toute les consciences qui doivent se partager lieu et place et les quitter en sachant qu’ils n’auront rien terminé. La mort en quelque sorte nous absout d’être des êtres finis.

 Dans INTERIEUR, l’héroïne c‘est la jeune fille invisible qui  vient de mourir.Les villageois qui ont appris l’évènement pensent à la fois à cette jeune fille et à sa famille. Ils avancent vers la maison et observent chacun de ses membres qui ne savent rien du drame. Le temps s’écoule. Rien ne se passe. Ils pourraient fuir pour ne pas annoncer cette mort qui va jeter le trouble dans cette famille.

 Dans la mise en scène de Claude REGY, tout se passe comme  si la mort avait une présence qu’elle avait été intériorisée par les villageois, qu’elle avait un visage, une histoire et qu’ils en étaient devenus dépositaires comme si c’était la jeune fille elle-même qui était venue leur annoncer sa mort. Cette mort est toute fraiche, si bien que c’est aussi l’aveu de la jeune fille qui interpelle les villageois.

 Les acteurs japonais articulent très lentement leurs paroles, lesquelles dans l’imaginaire peuvent s’associer à une marche sur des cailloux à pieds presque nus.

 Le surtitrage en français a été réduit au maximum. Les pensées de Maeterlinck demeurent une ligne d’horizon. Mais ce n’est pas tant la compréhension des paroles qui importe mais plutôt leur résonance qui est physique, musicale, abrupte. Elles donnent l’impression d’être entre les mains de sculpteurs de mots en silence.

 La scénographie splendide oblige l’œil à parcourir au toucher des couleurs diffuses vaporeuses, moites, crépusculaires. Les acteurs sont des figurants sur une toile de peintre vivante.

 Dans ce tableau vivant, les pensées des spectateurs peuvent flotter à l’infini adoptant une respiration calme propice à la méditation.

 Un paysage en soie, celui de l’âme mêlée au silence qui s’offre un visage prêt à accueillir la pluie, réceptacle   des pensées d’une jeune morte, ou bien respectueuse naturellement de ces sentiments muets, inavoués qui s’expriment totalement par le regard.

 Il faut se taire par moments et laisser passer le temps. La beauté du spectacle de Claude REGY, la qualité des acteurs japonais nous offrent un supplément d’âme, comme pour ébruiter, faire s’écouler de notre conscience terre à terre, cela qui porte l’écho, tapi au fond de soi.

Paris, le 21 Septembre 2014             Evelyne Trân

 

              

 

 

 

 

 

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