UN TANGO EN BORD DE MER AU THEATRE 14 – 20 avenue Marc Sangnier 75014 PARIS – Du 9 septembre au 25 octobre 2014 –

TANGO

Mise en scène Patrice Kerbrat

 Avec Jean-Pierre Bouvier et Frédéric Nyssen

 Le titre de la pièce évoque une aquarelle qui danserait dans l’œil d’un amoureux ou d’une amoureuse au bord d’une falaise.

 Il n’est question que d’amour dans cette pièce de Philippe BESSON. L’amour c’est le thème privilégié de l’écrivain pour qui le vécu doit servir à alimenter ses fictions, de sorte qu’il ne cesse de rêver sa vie et les gens qu’ils rencontrent, au service de sa création.

 La pièce met en scène un face à face cruel entre deux personnages assez opposés qui se sont aimés. L’un, l’écrivain est un intellectuel d’âge mûr, l’autre un jeune qui semble n’écouter que ses instincts.

 La pièce ne dure environ qu’une heure et pourtant elle se révèle intense. Il n’y pas d’action et le lieu de la rencontre, le bar d’un palace sans barman, évoque avec sa vitrine de verres plutôt les rayonnages d’une vaste bibliothèque. Il est  irréel comme une couverture de livre ou tout simplement comme cette entrevue entre deux êtres qui se sont aimés et éprouvent  comme une flamme au-dessus de la bougie, l’angoisse des retrouvailles.

 La flamme est délicate, pas immédiate, elle ne brûle pas la peau mais y dessine des ombres, des dessins, des auréoles, elle sourd de l’âme de l’écrivain séducteur qui parle comme s’il savait à l’avance le pouvoir de ses mots sur le jeune homme  fringant et quelque peu agressif qui le dévisage.

 Le texte de Philippe BESSON est une véritable partition  pour le chef d’orchestre, metteur en scène, Patrice KERBRAT et les deux interprètes qui deviennent des musiciens aussi instruits que ceux qui interprétaient la sonate de Vinteuil pour Swann, l’un des personnages de Marcel PROUST.

 L’émotion l’emporte grâce au jeu inspiré de Jean Pierre BOUVIER. Il s’agit d’une émotion presque sournoise qui attaque les nerfs, mais qui laisse la place à cette grappe de mystère insaisissable qui s’appelle l’amour. Frédéric NYSSEN investit son personnage plus brutal avec une spontanéité désarmante.

 De sorte que ce tango, en clair de lune,  jalonne  plusieurs facettes du chaton de la vie rêvée en couple, au bord des lèvres, puisque c’est en paroles aussi qu’ils s’aiment. C’est troublant et amer comme un verre d’absinthe que nous aurait servi Verlaine.

 Paris, le 20 Septembre 2014                   Evelyne Trân

 

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