Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit de Fabrice MELQUIOT au Théâtre Essaïon – 6 Rue Pierre au Lard, 75004 Paris – Du 8 Septembre 2014 au 18 Novembre 2014, les lundis et mardis à 21 H 30

AFFICHE MELQUIOTMise en scène : Collectif Services Retouches

 
Viviane Fournier (Création lumières) , Frédéric Milano (Création son)
Avec Laura De Boischevalier et Raphaël Mostais en alternance avec Leïla Déaux et Jean Barlerin
 

Pour le plaisir du texte et du jeu, six comédiens formés à l’Ecole Claude MATHIEU, se sont emparés d’une comédie dramatique et musicale de Fabrice MELQUIOT « AUTOUR DE MA PIERRE, IL NE FERA PAS NUIT ».

Le titre énigmatique ou sibyllin pourrait fort bien annoncer un poème. Ici, il annonce une rêverie bordélique faisant référence au bordel de la vie, tout court, quand toute tentative de ramener les rêves d’une tribu familiale, à la réalité, revient à désigner l‘emblématique arche de Noé.

L’étoffe de la pièce est légère. Sur la moire, on peut y lire la trame d’’une histoire familiale où comme sur une feuille, chaque nervure représente un individu et au milieu de la feuille encore duvetée, il y a un trou sur le rebord duquel il faut imaginer les nervures comme rétrécies, amputées.

Dan le frère aîné d’Yvan vient d’être tué alors qu’il était en train de piller une tombe. A partir de ce drame, qui est peut être un mauvais songe, à partir de cette détonation, Fabrice MELQUIOT laisse courir sa manivelle où sur une bande de vie qu’il fait défiler par secousses et par flash-back, tous les membres de la famille plus un étranger poète, apparaissent, comme s’ils faisaient partie du rêve de Dan.

Quand les rêves de plusieurs personnes se dirigent vers le même mirage où le même rivage, ils s’inclinent vers l’océan, ils s’oublient un instant pour devenir un point lumineux, là-bas, destiné à éclairer tous ceux qui n’ont pas dépassé la berge.

Ils sont simples les souhaits de chacun des personnages – argent, amour, Elvis Presley, Cadillac blanche- on peut souffler dedans comme dans des ballons.

Il s’agit en somme d’un rêve collectif auquel chaque comédien apporte son propre souffle avec quelques intermèdes musicaux signés Elvis Presley, Adriano Celentano et Frédéric Milano.

L’appréciation ne peut être que très subjective. Fragile est le tissu d’un rêve. Celui de la pièce « Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit » pourtant demande à être trempé par l’imagination des interprètes pour faire dégouliner toute son impertinence et son irrévérencieuse légèreté.

Mais il n’y a pas de mode d’emploi sauf à flairer le palimpseste sous le texte, et se rêver soi-même en train de jouer la pièce. C’est un tour de force qui demande sans doute quelques chuintements de manivelle, mais dont est capable la belle équipe de ce spectacle qui s’emploie à faire sourire, des clichés et des fantasmes éternellement jeunes.

Paris, le 3 Mai 2014, mis à jour le 4 Septembre 2014                     Evelyne Trân

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