ETAT DE SIEGE D’ALBERT CAMUS avec une mise en scène de Charlotte RONDELEZ au THEATRE POCHE DE MONTPARNASSE – 75 BD DU MONTPARNASSE 75006 PARIS – A partir du 4 Mars 2014 – du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30 –

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    • Simon-Pierre Boireau
    • Claire Boyé
    • Benjamin Broux
    • Céline Espérin
    • Adrien Jolivet
    • Antoine Seguin ou Paul Canel en alternance
    • Décors : Vincent Léger ; Marionnettes : Juliette Prillard ; Lumières : Jacques Puisais ; Assistante à la mise en scène : Pauline Devinat

 La pièce «l ’Etat de siège » a été créée en 1948. Elle durait 3 heures et était interprétée par 25 comédiens. La version qui nous est proposée par Charlotte RONDELEZ a été réduite à  1 heure 15 et comporte 6 comédiens.

 Il s’agit d’une farce burlesque, une sorte de pamphlet contre la dictature et le régne de la terreur dans une cité incarnée par un chœur. Un peu comme dans un jeu de cartes, se déploient plusieurs personnages qui expriment la vanité du pouvoir, la peur, l’absurde, l’amour et la révolte.

 Cette œuvre  de jeunesse de CAMUS n’est pas sans rappeler UBU ROI d’Alfred JARRY. On y sent une certaine jubilation de l’auteur qui manipule ces personnages comme des marionnettes. Dans la mise en scène de Charlotte RONDELEZ, cette dynamique de la moquerie embrasse toute la pièce dans un roulement à billes musical, effronté d’une vivacité inouïe.

 L’idée de  représenter le peuple par des comédiens- marionnettisés donne toute son ampleur à la vision grotesque d’une population asservie par la peur.

 La pièce fut un four à sa création. Psychologiquement, cela peut se comprendre, car Camus dresse un tableau féroce d’une population, fustigeant la peur, la lâcheté, l’inertie sous l’emprise d’une dictature, évoquant naturellement celle d’Hitler, toute proche.

 Mais  un  vent de jeunesse parcourt cette œuvre à laquelle il faut le rappeler collabora Jean louis Barrault, l’immortel « funambule » des Enfants du Paradis, auquel succède avec beaucoup de charme dans le rôle de Diego, le révolté,  Adrien JOLIVET.

  La Peste interprétée avec superbe par Simon Pierre BOIREAU, arrogant à souhait, nous transporte dans toute cette galerie de personnages d’Orphée de Jean COCTEAU où la mort, l’amour, sont véritablement incarnés. Cet aspect fantastique n’est pas le moindre charme de cette pièce.

 Claire BOYE qui joue Victoria, la femme amoureuse et une femme du chœur est fascinante de dextérité.

 Céline ESPERIN, la secrétaire de la Peste, associe à ses jolis atours, un charme comique attendrissant.

 Benjamin BROUX et  Antoine SEGUIN dans des rôles secondaires nous régalent sous leurs formes d’hommes troncs qui font balancer leurs têtes au-dessus de palissades.

  En guise d’écharpe fluorescente et pensive, la pièce de Camus élégamment jetée sur la scène du THEATRE POCHE MONTPARNASSE, par Charlotte RONDELEZ, dissémine tout son soufre et ses vapeurs de rébellion avec une verve toute juvénile.

Des postillons de Camus, le rire entre les larmes, on en redemande. Dans cette pièce, il nous apparait un peu comme le diable qui bat sa femme, c’est un magnifique arc en ciel.

  Paris, le 31 Mars 2014              Evelyne Trân 

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