Le mardi où Morty est mort de Rasmus Lindberg au Théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie de Vincennes du mardi 25 mars au dimanche 13 avril 2014

morty affiche

Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy et Karine Serres (Ed. Espace 34)

mise en scène : François Rancillac

avec les comédiens permanents du Fracas-Centre Dramatique National de Montluçon :
Julien Bonnet : Johan, le Papa Pasteur, le chien Morty
Maxime Dubreuil
 : Sonny
Thomas Gornet  : Herbert
Laëtitia Le Mesle : Amanda
Valérie Vivier : Edith

scénographie et costumes : Steen Halbro
lumière : Rosemonde Arrambourg
son et Régie Son : Michel Maurer

décor réalisé au Fracas par Jean-Jacques Mielczarek, Antoine Le Cointe et Pascal-Richtie Pérot, Sébastien Debonnet et Dominique Néollier

Une vie qui se déroulerait sur une journée, sur une semaine, sur une année, sur dix, puis vingt, puis trente années, une véritable bobine n’est-ce pas. Combien de fois ai-je retourné ma cuillère dans la tasse, regardé le ciel en apostrophant la lune, tourné le bouton de la radio, ouvert le robinet, ou prononcé le fatidique « Vite on se couche » ?

La vie est faite de la répétition des mêmes gestes, mêmes tics, et il n’y a pas de « Au secours » qui tienne, c’est comme ça et c’est même fort rassurant, le jour succède à la nuit et vice et versa, sauf qu’un jour, boum patatras, il survient un petit évènement qui courcircuite notre jolie bande, la mort d’un proche, celui que l’on croyait éternel, que l’on croyait retrouver au lever du lit comme l’assiette dans le placard, ou le rayon de soleil à la fenêtre.

Ce boum patatras fait disjoncter les esprits les plus rassis et c’est ce qui amuse le créateur de scénarios Deus ex machina, Ramus LINDBERG dont l’humour grinçant nous rappelle les romans et les chansons les plus désopilantes de Boris Vian.

Sur la corde raide d’un quotidien quelque peu débile qui nous fait haleter ou pendre la langue comme le chien Morty, Ramus LINDBERG pousse la cantonade avec des cris plaintifs à peine étouffés, donnant à sucer un os à l’un de ses personnages pour une litanie meurtrière catapulte qui à défaut de faire trembler une plante d’eau ou émouvoir Morty, électrise l’estomac.

Pour mettre en scène les personnages de bande dessinée de Ramus LINDBERG aussi adorables que des marionnettes de guignol, il fallait l’ingéniosité et l’inventivité de François RANCILLAC, associées à de formidables comédiens.

Derrière leur castelet, les personnages se démènent comme des poissons la bouche ouverte, perturbés par le lancement d’un obus dans leur calme rivière.

Du véritable « n’importe quoi » parce qu’il y a évidemment quelques pilules dans la vie difficiles à avaler, la mort de son chien, par exemple, la mort de son compagnon. Cela peut rendre fou et transformer en mariée qui s’élève dans le ciel, telle l’immaculée conception, celle qui lâche prise et devient, par un coup de baguette magique, une suicidée joyeuse.

Pour orchestrer cette folie, François RANCILLAC pince les cordes du scénario saignant et cinglé de Ramus LINDBERG, comme un véritable harpiste.

Voilà un spectacle en forme de purge de la terrible routine qui use nos artères, avec quelque féérie en prime, pour tordre la vie de rire, et se remettre d’aplomb en pensant affectueusement à notre Morty.

Paris, le 28 Mars 2014                 Evelyne Trân

 

 

 

 

 

 

 

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