JEANNE ET MARGUERITE de Valérie PERONNET- Mise en scène Christophe LUTHRINGER avec Françoise CADOL au Théâtre de La Bruyère 5, rue de la Bruyère 75009 Paris

Mise en scène Christophe LUTHRINGER
lumières Thierry ALEXANDRE
Son Franck GERVAIS
Musique Gérald ELLIOTT
Costumes Alice TOUVET

avec Françoise CADOL
avec les voix d’Emmanuel JACOMY et Rémi BICHET

jeannelabruyere2Ecouter la voix d’une femme qui parle d’amour,  ailleurs que dans des magazines, dans un roman, c’est inattendu presque inespéré parce que bien que nous n’en ayons pas vraiment conscience, ce sont les hommes qui ont créé les personnages des femmes amoureuses, c’est à travers la littérature des hommes, sauf exception, que les voix des femmes se sont exprimées, pendant des siècles.

 Dans le jardin intime d’une femme, l’amour a une place souvent voilée parce que le rôle principal de la femme a été celui de mère, et que le mariage en tant qu’institution n’était pas synonyme nécessairement de mariage d’amour.

 Dans Jeanne et Marguerite, Valérie PERONNET fait entendre les histoires d’amour  de deux femmes  en parallèle, celle de Marguerite en 1900 (Marguerite est l’arrière grand mère de  Jeanne qui a retrouvé  ses lettres dans un grenier) celle de Jeanne en 2000, à travers la voix d’une seule comédienne Françoise CADOL 

 C’est ainsi qu’à travers une seule voix, l’auditeur peut se rendre compte que les sentiments parce qu’ils sont irréductibles  à toutes  conventions d’espace, de durée, de lieu, transportent invisiblement mais sûrement l’âme de ceux qui les ont vécus, exprimés ou pas.

 Ce qui frappe tout d’abord dans le texte de Valérie PERONNET, c’est sa fraîcheur, sa façon de se jeter à l’eau pour dire l’amour, l’attente de l’être aimé, la douleur de la séparation, comme si l‘amour était une flamme de vie, porteuse de vie et que toute sa fragilité  pouvait être contenue malgré tout dans la parole pour continuer à le faire vivre.

 Parce que les deux femmes Jeanne et Marguerite à un siècle de distance, se trouvent confrontées à l’idée, que leur amour peut être oublié, qu’il est éphémère comme la vie, qu’il s’agit aussi peut être d’une illusion. Or elles ne renoncent pas à laisser vivre à l’intérieur d’elles-mêmes, l’amour pour un homme mort ou un homme disparu.

 L’interprétation de Françoise CADOL est exceptionnelle. A vrai dire, elle ne joue pas, elle est en train de vivre ce que racontent Jeanne et Marguerite. Elle rayonne. C’est très beau et c’est mieux qu’au cinéma parce que les images ne s’imposent pas, les spectateurs, écoutent aussi la voix comme une source paysage, entendant  s’y refléter leurs propres émotions.

  La mise en scène avec doigté, semble mesurer l’impétuosité des sentiments. La comédienne ne quitte pas la barre de son pupitre, mais parfois on l’imagine en pleine mer ou face à  la mer, prête à être emportée par une déferlante.

 Après tout, diront certains « Qui n’a pas eu son histoire d’amour ». Nous leur répondrons que des histoires d’amour racontées et exprimées avec une telle fraicheur, c’est très rare, c’est très fort !

  Il faut aller voir Françoise CADOL, en Jeanne et Marguerite, elle est étonnante !  Même les hommes s’y retrouvent, eux qui croient  si bien connaitre les femmes !

 Paris, le 19 Février 2014     Evelyne Trân

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