ARAGON ce livre ouvert du 7 au 27 Octobre au Théâtre de Ménilmontant – 15 Rue du Retrait 75020 PARIS –


Alain PARIS était l’invité de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur  Radio Libertaire (89.4) le samedi 19 Octobre 2013 ( en podcast sur la grille des émissions de R.L.) 

Metteur en scène : Alain PARIS – Compositeur et musicien : Stéphane PUCA  avec : Alain PARIS et Stéphane PUC

Qu’y a-t-il de lisible véritablement dans une notice biographique concernant un écrivain ? Une liste de dates qui affiche la filiation, la formation, les publications de l’auteur. C’est aussi sec que la ramure d’un arbre qui se reflète sur une tombe.

 Qui êtes-vous donc Monsieur Aragon ? Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Aragon a scruté tout le long de sa vie une tombe, celle d’un secret familial qui a débuté à sa naissance considérée comme une faute, une tache par des géniteurs qui ne pouvaient pas le reconnaitre sans faillir à leur position sociale bourgeoise.

 Officieusement, Aragon était un enfant adopté par sa grand-mère.Et il sut seulement avant de partir à l’armée que celle qu’il croyait être sa sœur était en réalité sa mère. Quant à son père qui se présentait comme parrain, il ne voulut jamais le reconnaitre.

 Aragon n‘évoqua véritablement ce drame qu’à la fin de sa vie mais son œuvre poétique et romanesque est révélatrice d’un sentiment fortuit de l’existence si exacerbé que l’on peut imaginer qu’écrire pour lui c’était avoir pour parents des mots qui en se rencontrant poursuivaient leur processus de création, la sienne.

 Il y a tout  ce trajet des mots que certains appellent fantômes avant d’arriver à l’élocution. C’est ce trajet-là qui est fantastique et que donne à parcourir Alain Paris dans sa saisissante interprétation  d’Aragon lui-même à partir de textes en poèmes, en chansons et en prose

 Qu’on le croit ou ne le croit pas, il n’y a pas d’explication de textes. Les mots peuvent être criés à l’intérieur d’une chambre close, voilée ou se muer en récitation ou chanter face à un public, ils ne tiennent debout que grâce à leur interprète qui doit savoir que les mots dans le cas d’un poète tel qu’Aragon procèdent de la fusion de tant d’émotions qu’ils ont dû avant de pouvoir être lus, imprimés et dits avoir traversé tels des trains fantômes un grand nombre de tunnels.

 C’est en tant qu’immanence d’une chair « maudite » que les  mots s’exposent. On peut écouter des poèmes à l’air libre mais comment ne pas penser que c’est parce qu’ils remuent de l’intérieur, qu’ils ont transité aussi par le silence, qu’ils peuvent devenir l’apanage d’un homme qui ne disait pas « je n’ai rien à dire » mais « je n’ai rien à être ».

 Il ne s’agit pourtant pas d’un rapport nombriliste à l’écriture. Alain PARIS donne à voir, à écouter des mots qui frissonnent, qui se détachent  de leur bouquet de poèmes ou de chansons, suspendus agrippés ou remués par l’air, aussi fragiles, et néanmoins tactiles que les feuilles d’un arbre qui se frôlent, se penchent ou s’épanchent. On y voit couler des larmes, de la sueur, et des embrassées de vide. « C’est ici là que je te touche » dans le transport d’un seul vers. C’est la question du geste parfois incompris qui signifie la parole.

 Avec Alain PARIS, il est possible d’écouter un poème d’Aragon aussi ouvertement qu’un arbre vient se refléter dans un rêve.

 Il se déplace entre une chambre intérieure voilée confinée – celle de la douleur d’Aragon qui ne peut pas faire de bruit, qu’elle se terre en quelque sorte pour ne pas dire « je » mais voilà ; la confession que l’on entend, il l’a prêtée à quelques personnages – et la scène providentielle, où soudain sa voix peut se remplir de joie, d’amour, emportée par la vie.

 Il n’y a plus de solitude et les mélodies jouées à l’accordéon par Stéphane PUC orchestrent un voyage riche de surprises.

C’est un Aragon en chair et en os que l’on découvre magistralement  mis en scène par l’interprète lui-même. C’est tout simplement bouleversant !

  Paris, le 13 Octobre 2013             Evelyne Trân

 

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