DE SI TENDRES LIENS DE LOLEH BELLON au THEATRE DARIUS MILHAUD 80 Allée Darius Milhaud – 75019 PARIS – Mise en scène : Benjamin Castaneda avec Françoise Levesque, Véronique Martin – Du 21 Avril au 5 Juin 2013 – Dimanche à 15 H l

 P.S. : Benjamin CASTENEDA, Françoise LEVESQUE et Véronique MARTIN ,  était  invités  à l’émission « Deux sous de scène » sur RADIO LIBERTAIRE, le samedi 18 MAI 2013 (disponible à l’écoute sur le site « grille des émissions de Radio Libertaire » et téléchargeable.)

  • Elle n’est pas très grande la salle du Théâtre Darius Milhaud où se joue en ce moment tous les dimanches, la pièce « De si tendres liens » de Loleh Bellon. Les spectateurs se serrent les uns contre les autres, mais cette promiscuité éphémère, cette sensation d’être accrochés au cœur d’un nid sous un  grand arbre, s’accordent à  l’histoire d’une fille et de sa mère, une histoire comme une grosse pelote de laine dont les fils courent et s’emmêlent, sur une quarantaine d’années, mais qui à la lumière du sentiment, des allées et venues des souvenirs, ont quelque chose de perpétuel, de toujours là.

Tous les évènements d’une vie partagée entre une mère et sa fille se trouvent filtrés par le quotidien, celui de deux pièces, le salon et la chambre, dans un petit appartement modeste, un peu comme si on avait laissé, dans un coin, un magnétophone qui aurait enregistré, au fil des ans, des menues conversations sans donner les dates. Alors, il ne reste plus qu’à l’auditeur de se concentrer sur les intonations des voix, quelques bruits d’objets ici et là, quelques indices pour comprendre qu’il s’agit de l’histoire d’amour de deux êtres, qui parle pour l’éternité.

Ils  peuvent nous paraitre très banals tous ces petits événements qui ponctuent la vie de ces deux femmes : la peur du noir, les premières règles, la crise d’adolescence, le premier enfant, la vieillesse qui frappe à la porte, le sentiment de jalousie de la fille vis-à-vis de l’amant de la mère. Mais ce qui est intéressant c’est de voir comment les voix de ces femmes, leurs corps, leurs gestes traversent tous les obstacles en parallèle, en perpendiculaire, tissant leur vie à partir d’une même toile d’araignée qui secréterait leur amour, cette étrange fibre révélatrice aussi bien de leurs différences.

Les deux interprètes traduisent si bien les états d’âme des deux personnages, qu’à moins d’avoir un cœur en béton armé, il est difficile d’échapper à ces sentiments, somme toute, universels : la solitude, la peur de la mort et surtout de la séparation avec un être cher.

Loleh Bellon ne porte pas de jugements. Les relations entre une mère et sa fille ne peuvent pas être lisses. En dépit du huis clos – la mère élève seule sa fille – en dépit de l’amour exclusif que réclame la fille à sa mère, chacune des deux femmes pour exister doit faire valoir sa personnalité.

Là encore, Loleh Bellon ne nous apprend rien, elle ne dénude pas les fils d’une psychologie élémentaire, elle peint devant nous les visages de deux femmes  qui se reflètent l’un dans l’autre, avec une attention soutenue, avec grand art, toute la délicatesse, toute la retenue nécessaire, faisant rejaillir de l’ordinaire, la même lumière, les mêmes ombres qui agissent dans un flot perpétuel sur nous-mêmes.

Pour exprimer toutes les étapes de la vie  de femmes, de la prime  enfance à  la vieillesse, Benjamin CASTENEDA, le metteur en scène, a choisi deux actrices remarquables, Françoise LEVESQUE et Véronique MARTIN, et dans cette belle bouteille à la mer, notre esprit voyage, sur crêtes de vagues, juste à la lueur de nos propres sentiments.

Ces vagues familières, sous l’œil vif du metteur en scène qui orchestre habilement toutes ces voix de femmes, nous assaillent jusqu’au bout du mât, cet âpre  sentiment de vécu.

Mais la mer est belle et son peintre Loleh Bellon, si transparente !

Paris, le 1er Mai 2013                        Evelyne Trân

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire sur “DE SI TENDRES LIENS DE LOLEH BELLON au THEATRE DARIUS MILHAUD 80 Allée Darius Milhaud – 75019 PARIS – Mise en scène : Benjamin Castaneda avec Françoise Levesque, Véronique Martin – Du 21 Avril au 5 Juin 2013 – Dimanche à 15 H l

  1. J’aurais aimé pouvoir voir ce spectacle car la relation à la mère a imprégné ma vie entière.
    Parfois la fille exige une relation exclusive avec sa mere, mais parfois c’est le contraire. Des terribles non-dits et traumatismes divers peuvent aussi entrainer la jalousie et la haine. Une chose est sure, la relation mere-fille n’est jamais anodine et simple.
    La seule chose qui rapproche un jour, c’est l’experience commune de la vie de femme que l’on soit mere, fille ou soeur.
    Je suis en train d’ecrire un livre sur ma relation a ma mère et je vais m’inspirer de votre article. Il est tres bien ecrit. Bravo !

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