LA CHANSON DU MATELOT – Poème dédié à Philippe JARRY, avec une improvisation musicale de TIM LAZER ( Bol tibétain, Didjéridoo) Michel SEULS (Guibarde, flûte) KEY YOSCHIDA (Trompette)

 
LA CHANSON DU MATELOT AVEC IMPROVISATION MUSICALE 20 10 2012
 
Poème dédié à Philippe JARRY
Matelot
 
J’irai mouiller au large de ta mémoire, matelot,
Pour une fleur d’écriture salée.
Ton toit sera étoilé, vois-tu et ton absence criminelle.
Celle de Mallarmé qui disait « La chair est triste, hélas,
Et j’ai lu tous les livres ».
Comme un grand œil au dessous de la mer, décrit,
la coque de ton innocence abrupte,
à travers une planche, avant le coup du marteau,
indéfinissable, évanouie, ta main tendue, sans adresse,
parlera l’étendue de la mer et ta solitude blessée.
 
Tu as pris au mot le verbe « aller »
 Et ceux qui de demandent « comment vas-tu ? » sont cons,
mais ce n’est pas grave
car l’eau trouble de ta mémoire nourrit l’écorce encore jeune
de tes épousailles avec l’arbre.
 
Et sur l’eau, la vérité n’aura l’air que d’un lézard effarouché,
Et sur tes épaules, l’enfant aura l’impression de toucher le ciel,
Et sans excuse, tu existeras.
 
Au large de ta mémoire,
 j’irai refaire le geste de l’enfant à genoux face à la mer
 Mon Dieu, mon père, mon Dieu ma mère,
 pourquoi m’avez vous fait naître ?.
 
Et tu approuveras leur silence,
dans un coin de mouchoir, ta douleur,
comme un peu de fièvre, comme un peu de flamme pour les éclairer.
 
Evelyne Trân    
 

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