Un poème qui marcherait tout seul…

UN POEME QUI MARCHERAIT TOUT SEUL (Improvisation musicale MICHEL SEULS et  Keï YOSHIDA 

(Flûte indienne Bansuri et trompette), émission DEUX SOUS DE SCENE RADIO LIBERAIRE 25 AOUT 2012)

 copie-dessin
 Ils ont une façon de dire « Tout le monde s’en fout »
Mais toi, tu as marché, si longtemps, seule, dans la forêt humide
 Qu’au salut d’une feuille qui voltige
 Au bruit de tes pas, à peine désorientée,
 Paresseuse lumière,
 Tu dis contenir un paysage
 Comme un être mutilé qui ne connaît de l’homme que ses peurs
ou son incroyable vanité
 Toi, comme un visage en escapade
 Qui court sur le bruissement d’une feuille
  T’es tu donc égarée, jeune patiente,
 Songe qu’il y a bouture
 Dans le noir soleil de ta solitude.
  Je suis une patience d’arbre, dis-tu,
 Je suis une forme allongée de tout ce qui peut naître,
 A partir, je te l’ai dit, c’est rien….
 Mais voilà, tu voulais que ta parole s’accroche à la mienne,
 Tu voulais la reconnaissance de mon regard,
 Comme un visage adoubé à la forêt…
  J’avais l’œil plantu de la forêt sur les épaules
 Au passage de ton regard aussi fragile
 Aussi solide qu’un fil de toile d’araignée.
  Devenir écrivain, c’était passer par toutes les artères de ton corps
 C’étai passionnément entendre bruire
 Sous mon étreinte un papillon
 Pour dire que c’était impossible.
  Je parle une langue étrangère, la tienne
 Je ne peux t’aimer que parce que je t’épouse étrangère.
 C’est une histoire de conjugaison, de mouvement
 C’est une histoire de tremblement
 Et pour faire dribler un ballon sur le trottoir
 Je sens bien combien les choses sont éternelles qui passent …
 puisque nous ne sommes que leur mémoire active, désactivée.
  Et puis qu’importe si vous n’êtes pas funambules,
 Dîtes leur que vous n’aimez pas la facilité
 Que vous voulez tout explorer
  Mille ans valent mille gouttes d’eau
 Pour braver la tempête sur un tableau.
 Dîtes leur que vous avez succombé à la beauté.
  Eprouve en écho une voix voilée,
 Pays emprunté, voie détournée
 Va pour attiser une douleur trop confortable
 Qui n’est pas de mise, voyons,
 Comment donc, jouerais-tu avec le feu
 Quand tes larmes ne sauraient l’éteindre,
 Et pourtant, et pourtant
 N’est ce pas parce que le chemin est difficile qu’il t’exalte,
 Et que tu connais toutes les coutures sous l’artère
 Qui  va de l’aboiement au raclement d’une cuillère dans une tasse de café, à l’impatience, au tourment, au ricochet de l’insulte,
 Qui va du reniement à la reconnaissance,
 Tout cela pour ne pas regarder celle qui pleure en face de toi.
   Mais là bas, dans ce trésor de ta propre indifférence,
 Tu n’auras plus qu’à décliner les saisons
 Pour déchirer le voile
 Pour l’écouter parler celle à qui tu donnes ton souffle
 En partant de rien
 Parce que tu veux encore les entendre
 Marcher sur toi ceux que tu as aimés.
 Histoire sans fin.
 
 Evelyne Trân

 

 

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