Marcel LE GARREC parle de Francis BLANCHE

Un ami de Francis Blanche

Francis Blanche, en fin de compte est un homme simple. J’ai connu ton père grâce à Pauline Carton. A l’époque, je participais à des soirées de poésie au cours desquelles je disais quelques poèmes de Sacha Guitry ou faisais une lecture. J’aimais bien Sacha Guitry. Un jour, je viens voir P.C. à son hôtel à perpétuité, rue de Rivoli, et elle me dit :

«Vous savez Marcel, j’attends un ami que j’aimerais vous présenter, Francis Blanche, vous connaissez ? » 

-Oui, Madame, je connais F.B. De plus, je dis un de ses poèmes « L’Arlequin poignardé ».

 Une demi-heure après F.B. arrive. Les présentations sont faites et P.C. dit à F.B. :

« Marcel Le Garrec connait un de tes poèmes. »

Lui me regarde « Vous connaissez un de mes poèmes ? Vous pouvez me le dire ? »

 Je commence les deux premiers quatrains et c’est terminé. F.B. me dit de venir le voir au théâtre Gramont où il jouait à l’époque avec Monita Derrieux  dans je crois “Un yaourt pour deux”. J’ai donc connu ton père, mais j’ai quelques petits souvenirs personnels que je garde.

-On les met dans les pages noires ?

Il avait ses restaurants, ses amis. Une chose qu’il appréciait chez moi, c’est de ne lui avoir jamais rien demandé, tout en le vouvoyant tout le temps. Il n’aurait peut-être pas été choqué parce que ce n’était pas un homme à choquer mais un homme simple, aimant la vie et sans aucune prétention comme certaines vedettes. Il suffisait de venir à sa rencontre sans lui casser les pieds, c’est tout. F.B. m’a souvent invité, pour quelques diners, même chez Henri Leca. J’ai voulu faire, avec H.L., une surprise à F.B  qui a été parmi les premiers à écrire des chansons pour Luis Mariano dont une que j’aime beaucoup « La Rumba de Lima », crée en 1944 par L.M. Je travaille cette chanson au piano avec H.L. F.B. arrive.

H.L. lui dit : «Marcel a une surprise à te faire », et moi je renchéris : «Asseyez vous Francis, je vais vous faire une surprise ».

Je commence «Rumba de Lima». . . d’amour, comme on va là bas, jusqu’au petit jour . . .

Il m’a laissé chanter deux ou trois phrases pour me dire : « Passons à autre chose ».

Depuis lors, F.B. a écrit tellement de belles chansons avec une extrême facilité. Ecrire dans l’imaginaire est un don qu’il avait.

Il avait un autre don, qu’on n’a jamais mis en exergue, celui des langues. L’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’italien. Il lui suffisait d’entendre la langue. J’ai une anecdote à ce sujet. A propos de L.M., encore une fois, lorsqu’il a joué dans le film « Le Tsarévitch », tiré d’une opérette classique. Le contrat était signé avec les allemands, ce qui explique qu’il ait tourné en Allemagne en double version, allemande, et française. L.M. n’était pas du tout satisfait du parolier de la version française, mais comme il connaissait le talent d’écrivain de F.B., il fait appel à lui :

« Viens me rejoindre en Allemagne, j’ai absolument besoin de toi »

Imaginez  L.M. avec son accent :

« Voilà ils me font chanter oune sottise, sourtout en français. Francis peux tu me travailler les paroles, me faire autre chose »

F.B. s’est mis au travail. En 24h, tout était fini, le texte était refait. Alors dans ce film « Le Tsarévitch », les chansons de Mariano sont de F.B., et on voit dans le générique – paroles en français de Francis Blanche–.

En 24h, il a fait cela, puis a touché son chèque et est revenu à Paris. Dans tous ses écrits se retrouve la facilité. Le seul reproche que l’on puisse faire à ton père, c’est d’avoir été un grand dilettante devant l’éternité. Il privilégiait avant tout la vie, la joie de vivre, le bonheur de vivre, les bonnes bouffes avec les copines et les copains. Chaque jour qui passe était un hommage à la vie. Ce que l’on appelle travailler était d’une telle facilité pour F.B.

-Pourtant dans les poèmes « Mon oursin et moi, on sent un peu de tristesse dans le fond. Peut on dire que F.B. était comme tous les êtres, femmes et hommes qui ont cette hypersensibilité, donc une certaine fragilité dans les sentiments.

La possibilité de la montrer, de transcender la sensibilité, pour les compo-siteurs, c’est la musique. Pour ton père, c’était la poésie, voire même ses chansons. Il y a quelque chose d’extraordinaire dont j’ai parlé à Jean-Pierre Mocky : si l’on reprenait tous les films de Francis en enregistrant seulement son passage, cela ferait un sketch à lui tout seul. Ses monologues seraient presque un nouveau film. A chaque fois, F.B. est un homme différent. Que tu prennes « Papa Schulz », avec Bourvil, avec Lino Ventura, c’est toujours un nouveau F.B. Il était, avant tout, un comédien d’intuition et d’instinct. D’avoir fait le conservatoire ne lui aurait rien donné de plus, c’était inné.

Pour moi, l’art premier de F.B. est l’écriture. Je le mets même avant le comédien. Il faut se rendre compte que son côté écriture vient  de l’intérieur. Il avait un côté extraverti, de même qu’un autre, introverti.

F.B. jonglait avec les mots. Je pense que les éditeurs auraient pu aller plus loin sur le plan de l’écriture. Mais dans les années où j’ai connu F.B., il privilégiait avant tout la vie, les copains, la bouffe. Il était très sensible à recevoir ses amis ; ce n’était pas un plaisir mais un bonheur. Admettons qu’écrire des poèmes ne rapporte pas mais ce qu’on ne sait pas, c’est que F.B. écrivait des chansons avec la musique aussi. Comme il me l’a dit un jour, il savait faire la ligne mélodique mais pas toute la musique. Il demandait à H.L. de faire les arrangements. D’ailleurs, par gentillesse et par fraternité, ils signaient tous deux la musique. F.B. avait trouvé la ligne mélodique, ce qui est le plus important dans une chanson.

-Les arrangements donnent la couleur du temps.

Ça, J.M, très respectueusement, il existe plusieurs pianistes, musiciens qui peuvent le faire l’arrangement. Si on a un peu d’oreille, on peut le faire tout de suite. La ligne mélodique reste plus importante. Il existe des chansons où la musique est entièrement de F.B.

Que laisse F.B., il laisse la dimension d’un artiste qui s’est assumé, totalement assumé dans sa qualité d’artiste, d’écrivain et de passionné de la vie. C’était sa sainte trilogie. Amen ? On peut dire « Amène ! »

J’ai connu F.B. 10 ou 15 ans avant sa mort, dans les années 60-65. Monita Derrieux est arrivée bien après. Avec le recul du temps, je mélange les choses. F.B. m’a dédicacé son livre de poèmes à sa parution, « Mon oursin et moi ».

-Oui mais ce livre est paru un an avant sa mort en 1973. Et FURAX ?

Je n’ai connu que les livres. Ecouter m’est peut être arrivé, une ou deux fois. Mais, à l’époque, ce qui marchait très bien était les « Bonjour chez vous ». Je connaissais très mal les comédiens qui faisaient partie de ses amis. C’est surtout avec H.L. que j’ai discuté. Je me rappelle d’un restaurant à la Porte Maillot, tenu par une femme laquelle tenait précédemment un resto près du Théâtre Fontaine.

-Etais tu tout jeune quand tu l’as rencontré ?

Non, non, non, j’ai 75 ans aujourd’hui. Ca fait combien de temps qu’il est mort ?

– 36 ans, il est mort en 74.

Donc j’ai dû le connaître dans les années 60. J’avais 30 ans. Je me rappelle encore d’une anecdote. Je tournais dans un petit studio dans le XIVème, et il y avait au coin  d’une rue un  petit café  1900. F.B. m’avait donné rendez vous là, parce qu’il tournait dans ce studio pour la télévision.

Ce café existe-il toujours ?  Les artistes se retrouvaient tous dans ce café. Je dis à F.B. :

« J’habite tout près, rue François Millet. F.B., venez jusque chez moi prendre un café, je vous présenterai mon épouse. »

Ma fille était encore toute petite et se trouvait dans un parc.

F.B. m’a dit « Allons voir Eva derrière ses grilles ! ».

Une autre chose m’a frappé, F.B. n’aimait pas du tout la facilité. Bien qu’écrivant facilement, il était exigeant, il n’a écrit que pour de belles voix. Quand on écoute toutes ses chansons, on décèle son amour de la musique. On pourrait faire un C.D uniquement avec les chansons de F.B. Prenez par exemple « Les Chevaliers du ciel », une opérette où ils jouaient ensemble. C’est dommage que cela n’ait pas été fait. Jean-Marie pourrait insister là-dessus. Un sondage auprès de la population l’a prouvé : Les personnes de plus de 50 ans écoutent en priorité Tino Rossi, Luis Mariano, Charles Trénet.

Ce public apprécie toujours les belles voix mais il n’y en a plus aujourd’hui à part Alania, le jeune ténor d’Opéra qui a fait un disque avec les chansons de Francis Lopez, qu’il chante comme Mariano, ce qui n’a aucun intérêt. Donc il y a toujours un amour des belles voix, des vraies voix. Faire un disque de la sorte aurait pu plaire à F.B.

-L’as-tu vu jouer au théâtre ?

Je l’avais vu dans « Un Yaourt pour deux », « Les Escargots meurent debout ». J’ai fait un spectacle autour de F.B. avec ses chansons, ses poèmes, premier montage entre poèmes et chansons. Je persiste et signe : plus de comé-diennes et de comédiens, de chanteuses et chanteurs auront envie d’expri-mer F.B., et plus F.B. sera toujours vivant. En fin de compte, un être ne meurt qu’à partir du moment où l’on ne parle plus de lui. Mais ce n’est pas demain la veille. F.B., à cette époque comme beaucoup d’écrivains, a laissé énor-mément d’éléments. On peut faire des mélanges en projetant un extrait de film, en lisant un poème, en chantant une chanson, en lisant un de ces textes.

C’est incroyable, sa vie artistique a été extrêmement riche. Il est pratiquement le seul à avoir été à  fois écrivain, acteur, comédien, metteur en scène de cinéma, de radio, chanteur de ses propres chansons, homme de cabaret, créateur à la radio, compositeur etc.…Pour lui, c’était facile. Il ne s’agit pas de jouer du stradivarius avec F.B.

 -La création artistique est en mal. Il est si difficile de s’exprimer dans ce tout petit pays envahi par l’argent durant une mauvaise passe. Tout ce qui est venu après F.B. a privilégié la langue anglaise. F.B. est arrivé à une époque où les interdits n’existaient pas.

La France avait tellement envie d’être enfin heureuse, à nouveau de chanter, de jouer. En 45, j’avais 10 ans. J’étais en province à l’époque. Quelqu’un arrivait avec un accordéon et tout le monde chantait. On venait d’apprendre ce qui s’était passé dans les camps de concentration, ce mal qu’avaient fait les nazis. A quoi avait-on échappé ? Quel bonheur de vivre !

Il y avait des émissions avec les Saint Granier, une quantité d’animateurs radio de l’époque avec bonheur. On n’avait pas de télévision, rien. On avait que la radio et les disques 78 tours, rien d’autre. Quand les chanteurs venaient en province chanter dans les grandes villes comme Caen, Rouen, on pouvait les voir, mais on les respectait sans les assaillir. Bonheur et joie de vivre.

Francis était né lui-même avec ce bonheur et cette joie de vivre, cet amour de la vie. Il a plongé là-dedans comme un poisson dans l’eau au lendemain de la guerre. Francis n’avait pas d’exemple, n’enviait personne. Ce qu’on lui a demandé toute sa vie, c’est d’être Francis blanche avec son talent et sa sensibilité. C’est ce qu’il a fait. Voilà !

-C’était une sorte de vocation. Il est arrivé à 17 ans pour une audition dans un cabaret, mais son père Louis n’était pas chaud  pour ça. Il a pris des décisions tout seul, car il était seul quand même : pensionnat, parents divorcés. Il a vécu la solitude et s’est pris en charge lui-même. Il n’a pas été dorloté.

Il n’a pas eu peur, parce qu’il savait qu’il pouvait y aller. Il connaissait ce qui était en lui, cette créativité. Il n’avait d‘exemple à prendre sur personne. Naturellement, ayant conscience de lui-même, il a su quoi faire.

F.B. connaissait un petit peu le métier par son père. Déjà.

-Il avait de la famille à la Comédie Française, et il a trainé dans les coulisses.

Vous savez, un être comprend assez vite qu’il a quelque chose en lui. C’est comme pour le sport.

-Quand tu vois F.B. dans le seul film où il joue avec Charles Trenet, tu es très étonné par son visage. F.B. est tout maigre avec un visage presque effrayant comme Antonin Artaud ; Ce visage sent le mal être. Ca se passe pendant la guerre. Mocky a dit : « Son drame a été d’être gros avec une âme de maigre. »

C’est pas sûr. Je pense que F.B. a  été un être humain qui a aimé la vie, qui ne s’est pas posé de questions, qui n’avait pas envie de se mettre des frontières en quoi que ce soit, qui a toujours aimé faire de bonnes bouffes avec les copines et les copains, pour qui chaque jour qui passait était un don du ciel, qui en a bien profité, qui a bien vécu, qui a été heureux, et qui laisse toujours ce souvenir. On se pose beaucoup trop de questions à travers certains artistes, alors que F.B. ne s’en pose pas autant. Il a vécu au jour le jour, il savait ce qu’il pouvait faire; il savait ce qu’il ne pouvait pas faire; il savait, comme le disait si joliment Cocteau, jusqu’où il pouvait aller; il l’a toujours su, n’a jamais dépassé les frontières des choses qu’il ne pouvait pas faire. Et c’est pour ça qu’il laisse de si beaux souvenirs.

-Les dernières années de sa vie ont été dures. As-tu connu ce moment là ?

Oui bien sûr, et je suis même allé  le voir à l’hôpital. Il avait la dérision. Faites-en ce que vous voudrez, mais, lorsque je suis allé le voir à l’hôpital Pasteur, il y avait toujours son épouse, Evelyn. Arrive un comédien que je ne connaissais pas avec un petit coffret en verre transparent où se trouvaient des faux cils. Francis regarde, ne peut s’empêcher de sourire et dit :

« Je vais quand même aller rejoindre le régiment des allongés ». 

Très conscient, il a eu cette mort sans souffrir. F.B. est entré plus ou moins dans le coma, ne pouvant plus reconnaître personne. L’urée rentre dans le sang et le cœur s’arrête : c’est le départ. C’est, pour moi, une grande chose de savoir qu’il est mort sans souffrir en laissant à ses amis de bien jolis souve-nirs.  F.B. aimait ce qui était bien, le travail bien fait; F.B. n’aimait pas la facilité; F.B. n’a travaillé qu’avec de très  grands chanteurs, ne souhaitant que de belles chansons que F.B. a su faire. : « Le prisonnier de la tour », belle chanson de Piaf, les 7 ou 8 chansons de Luis MARIANO, les émissions. Sous des allures un peu légères F.B. était très précis et sérieux dans son travail

-F.B. était un travailleur

Mariano a exigé que F.B. vienne jouer avec lui dans « Les Chevaliers du ciel ». Il y avait une belle amitié entre eux deux. F.B. n’était pas sur la même octave que Mr MARIANO. J’ai parlé d’octave, je préfère dire portée.

-F.B. devait être apprécié pour son talent ; je me souviens qu’Arlette REBORA, la mère de ses enfants, a dit « Je ne sais pas comment Francis ne s’était pas fait des ennemis, tellement il était omniprésent, tellement il captivait tout endroit où il arrivait ».

Mais parce que lorsqu’on a du talent, on ne peut pas avoir d’ennemis. Ces ennemis ne peuvent pas se mettre à sa place. F.B. n’ a pris la place que d’une seule personne, la sienne. Attention ! c’était un très grand séducteur. Une fois, une femme m’a dit :

« Vous savez vu les mains de F.B. Je crois que ce sont des mains de séducteur ». F.B. n’a jamais été un dragueur. A son arrivée, il faisait rire avec son charme, son humour, son intelligence. Qu’est-ce que vous aimez, vous les femmes ? Un homme qui sache vous faire sourire. Les mecs ne sont déjà pas très drôles, mais s’ils manquent d’humour, c’est très vite insupportable.

-Certaines personnes ont dit que F.B. était très laid. Je ne suis pas d’accord. Mr Claude Grégory le trouvait très laid.

Mr Claude Grégory devait avoir beaucoup de jalousie pour dire une chose pareille. C.G. m’amuse, car, lors du premier mariage de F.B., C.G. s’est marié avec sa sœur jumelle, et quand F.B. a divorcé, il a fait divorcer C.G. qui s’est remarié avec la sœur de sa 2ème femme. Cette histoire ne se raconte qu’au théâtre.  F.B. s’est parfois enlaidi pour jouer des rôles mais si on le regarde bien par exemple dans l’interview avec Denise Glaser. Il ne resplendit pas de beauté, mais sa physionomie  respire tant la malice  qu’elle en devient charmante.

Dans l’interview de Bernard Pivot où F.B. présente son livre de poèmes, « Mon oursin et moi », il n’était ni sale, ni laid, ni répugnant. Tout ça est un mythe. Un autre mythe est construit sur F.B. pour en faire un être cynique caché derrière les portes. F.B. était un homme à femmes, fidèle. On ne peut pas tromper une femme sur son sourire, son intelligence, son esprit.  Elles aiment les hommes qui ont de la réplique. Quand F.B. invitait une femme au restaurant, il savait recevoir, et être reçu.

-Mocky raconte à la télé que F.B. avait plein de femmes qu’il invitait ensemble au même endroit pour les regarder se crêper le chignon.

On raconte 100 % de plus autour des gens qui ont de la notoriété. Ce qui est vraiment important dans la vie de F.B., c’est qu’il était un poète,

V O U S    E N T E N D E Z   .  .  .   P O E TE  !  !

Propos recueillis par Jean-Marie Blanche et Evelyne Trân, le 26 Septembre 2010

 

 

 

 

 

 

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