La poésie comme roue de secours

Dessin d'Adama

Pourquoi, je choisis la poésie ?  Parce que c’est encore quelque chose qui permet de rester déconnecté. Oui, déconnecté de toutes ces béquilles qui plombent le quotidien. Il n’est pas besoin d’être écrivain pour être poète. Etre poète c’est juste un état d’esprit, une capacité ou une nécessité pour certains individus de planer de temps en temps. Pour cela il suffit juste d’utiliser ses sens. Nous rendons nous compte de la chance que nous avons de pouvoir d’un seul regard nous transporter, au-delà du point fixe où nous nous trouvons. Mais pour prendre notre élan, pour aller surprendre une silhouette, une ombre ou une maison noyée derrière un nuage, avoir la jouissance de voir, croyons-nous, quelque chose qui ne soupçonne pas notre existence, il faut s’aménager un petit espace, ne pas craindre de laisser   tomber les béquilles que nous imaginons indispensables. Les soucis matériels, ils seront toujours là de toute façon. Et zut, j’ai oublié d’acheter à manger, et zut je n’ai pas fait ma déclaration d’impôt. Ne vous inquiétez pas, chassez le quotidien, il reviendra aussitôt. Le poète a besoin de correspondre avec quelque chose qui le laisse libre.  Cela ne signifie pas qu’il cherche à fuir la réalité mais simplement que pour respirer, il lui faut communiquer avec mille choses qui affûtent son sentiment de bien être.

Un poète peut être heureux en regardant un oiseau plonger son bec dans une flaque d’eau. Ce genre de bonheur ne fera pas marcher le commerce mais il est aussi précieux qu’une goutte d’or.

Le poète ne puise pas ses ressources dans ce qu’il a ou qu’il n’a pas. Il les puise dans sa capacité d’être heureux avec ses amis. La pluie peut être son amie, elle est capable de raccorder  le passé au présent, elle embellit les souvenirs des personnes aimées. Nous sommes riches de tous nos sens mais en vérité nous n’y pensons pas, pire nous les ignorons. Et nous disons, nous n’avons pas le temps de rêver, de bailler aux corneilles. Nous faisons rarement appel à notre imagination puisque tous les chemins possibles, étant donné notre courte existence, sont balisés. Le poète fait figure souvent d’individu  déraisonnable parce qu’il ne craint pas de dépasser les bornes mais il le fait naturellement par ricochet. Quand il marche sur un caillou, il peut entendre le caillou lui parler. Est ce bien nécessaire d’écouter parler un caillou ? Sans doute que non, et pourtant… Gageons qu’un jour, nous ferons davantage appel à nos forces insoupçonnées de rêve pour comprendre que si nous  avons en nous du soleil, des étoiles et des nuages, de l’eau et du feu, nous ne sommes pas aussi démunis que nous le croyons, Pouvoir se raccorder à une pierre, à une goutte d’eau, à une plume de pigeon ou à un regard d’enfant, croyez-moi , c’est aussi valable que d’être connecté à internet ou regarder sa montre. Oui, les poètes tracent certains chemins et parfois il suffit de laisser tomber ses bagages pour leur tendre la main et les suivre pour nous découvrir encore et encore…

 Evelyne Trân 

Un commentaire sur “La poésie comme roue de secours

  1. Poésie, rêves, imaginations, prendre le temps de regarder une belle lumière sur un objet, dans le soir qui tombe, mais c’est la la liberté et le pouvoir de chacun de nous, pouvoir se libérer par nos pensées, rêves, regards. C’est notre survie.
    Internet est un outil formidable pour la communication, et d’information. Bien utilise, cela donne une autre forme de liberté.
    Grace a notre pouvoir d’imagination et de rêve, nous pouvons vivre plusieurs vies dans une journée.

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