Le Bal de Ndinga de Tchicaya U Tam’si. Mise en scène et interprétation de Pascal Nzonzi

du 9 Juin au 3 Juillet 2011 à La Maison de la Poésie

Le Bal de Ndinga

A l’heure où j’écris, le bal de Ndinga s’achève à la Maison de Poésie mais il est probable qu’il va gagner d’autres rivages, d’autres lunes, d’autres foyers tant son air obsédant « L’indépendance Cha Cha »  nous renvoie l’image d’un homme en train de danser sur cette grosse boule, la terre, avec entre les mains,  juste  un peu d’espoir.

Au delà du rendez vous historique du 30 Juin 1960, à LEOPODVILLE, veille de la proclamation de l’indépendance du Congo Belge, à travers NDINGA , un anonyme mort au bal de l’espoir, Tchicaya U Tam’si, ne désignerait que cette frange d’épiderme palpitante, d’une conscience humaine qui dépasse les frontières du politique, des nations, en un mot qui est si vivante qu’elle éclaire toutes  les mains qui se coulent dans la terre elle-même, ne risquant que de  parler humain.

L’homme au rêve brisé, NDINGA ne dispose que d’un petit bout de terrain, une poussière sidérale d altérité. Agent d’entretien dans un grand hôtel,  il déploie une grande serpillère, rongée, qui pourrait rappeler le suaire du Christ, parce qu’il n’y a plus rien de péjoratif, parce que la serpillère c’est un peu l’emblème de NDINGA, l’oreille collée contre le sol pour écouter gronder la terre, alors même qu’il chante  » l’eau sale du désespoir « 

NDINGA, c’est celui qui chante l’honneur sauf au bal des vampires, parce qu’il n’a pas d’autre étendard que celui de son existence, qu’il peut continuer à danser sous les balles  aveugles.

Au bal de NDINGA, Pascal Nzonzi peut mimer une ville entière à travers un seul homme,  car la langue rêveuse et altière de Tchicaya U Tam’si  épouse tous les ressacs de voix humaines qui s’emportent, se rebellent, se dressent pour exprimer que le seul joug que puisse supporter un homme c’est celui de ses rêves, qu’il ait le visage de Sabine ou ce drôle d’air d’indépendance Cha Cha.

Chez Tchicaya U Tam’si, la poésie se mue en danse , et Pascal Nzonzi nous offre un spectacle total dans un mini amphithéâtre, celui de la cave de la Maison de Poésie, comme une crypte en transe, avec le chœur des spectateurs  qui applaudissent, à tout rompre,  NDINGA, et son tour de chant anonyme au bal de l’espoir.

Paris, le 2 Juillet 2011

Evelyne Trân

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