Le premier homme d’après Albert Camus avec David Seigneur – Mise en scène de Patrick Roldez – Au Petit Louvre – Salle Van Gogh – 23, rue Saint Agricol 84000 AVIGNON du 3 au 25 Juillet 2026 à 21 H 05. Relâche les 9, 16, 23 Juillet.

Description de la Compagnie L’eau qui dort

Le dernier texte d’Albert Camus porté par David Seigneur.
Sous les traits d’un personnage nommé Jacques Cormery, le Prix Nobel 1957 retrace l’enquête qu’il a menée sur les traces de son père mort à la bataille de la Marne.
La quête individuelle finit par rencontrer une destinée collective.
Un exceptionnel témoignage et du grain à moudre pour notre présent.
Après Oleanna de David Mamet et Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, L’Eau qui dort revient en Avignon avec un texte essentiel.

Equipe artistique

Patrick Roldez – Mise en scène

David Seigneur – Interprétation

Patrick Roldez – Adaptation théâtrale

Valérie Weiss – Costumes

Charlotte Maurel – Scénographie

David Georgelin – Création son

Alexandre Dujardin – Création lumière

Peut-on se remettre de la lecture du Premier homme d’Albert CAMUS. C’est un peu comme si l’on entrait dans la tête d’un homme à la fois proche et lointain. Proche parce qu’évidemment avec lui c’est cette part d’humanité, la plus tangible qui nous touche, lointain parce que l’homme est célèbre, trop intelligent…

Mais on oublie qu’il s’agit d’un homme qui a eu le prix Nobel. L’histoire que raconte Albert Camus est à mille années-lumière de cet homme célèbre.

C’est tellement paradoxal ! Comment Camus philosophe qui a parlé de l’absurdité de la vie, dans son dernier écrit, nous montre un homme en quête de ses origines et conséquemment d’un certain sens de la vie.

Parce que cet homme-là, ce premier homme a des valeurs qui se sont forgées tout le long de son existence et de ses expériences. Comment jeter dans le fossé de l’absurde évènementiel, sa reconnaissance et son respect pour son instituteur, son regard posé sur la tombe de son père fauché à 28 ans à cause de la guerre.

Avec force, David SEIGNEUR prend à bras le corps des scènes décrites par Camus qu’on n’a aucune peine à se représenter comme si Camus était en train de les écrire.

Le passage de l’écriture à la voix, c’est quelque chose de fabuleux. La lecture du Premier homme de Camus est de l’ordre du rendez-vous. De la même façon que le narrateur se penche sur la tombe de son père, ignorant de prime abord les réflexions et les émotions que cet acte va déclencher chez lui, nous spectateurs, spectatrices, nous laissons absorber par la simple présence d’un homme qui a pris rendez-vous avec nous.

C’est bizarre, mais nous éprouvons de la fierté d’être dédicataires d’un tel texte !

L’adaptation pour le théâtre de Patrick ROLDEZ nous permet de ressentir à l’état brut cette oeuvre inachevée de Camus. Dans toute pensée se mêle un peu d’abstraction, mais c’est autre chose d’entendre les mots traverser le corps.

Corps menhir qui se déplace, corps qui tremble, corps qui souffre, corps qui pleure, corps qui murmure, qui se frotte à la mer, à la pluie, au soleil, c’est tout cela que donne à entendre Le premier homme de CAMUS interprété par David SEIGNEUR dans une mise en scène simple et organique de Patrick ROLDEZ.

Evelyne Trân

Le 30 Juillet 2026

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