
Présentation de la Compagnie du Catogan
À travers une mosaïque de récits, Les Petites Femmes de Maupassant révèle un écrivain amoureux de la liberté et des femmes. Quatre comédiennes incarnent avec humour et finesse des héroïnes tantôt intrigantes, tantôt ingénues, qui livrent leurs secrets d’amour. Cette adaptation dessine un Maupassant drôle, sensuel et inattendu, croquant les relations humaines avec une ironie tendre. Un spectacle délicat, vif et profondément contemporain, où la malice le dispute à l’émotion.
Elles sont quatre, tour à tour chipies et intrigantes, leurs voix s’entrelacent en secrets d’alcôve.Avec Eurydice El-Etr ou Nancy Loïs, Marie Grach, Karine Pinoteau et Alexandra Sarramona
Scénographie Emilien Andro
Lumières Jean Christophe Violo
Costumes Maxence Rapetti-Mauss
Productions Production La Compagnie du Catogan et Le théâtre Armande Béjart
Soutiens Le mois Molière, la ville de Versailles, la ville d’Asnières sur Seine et le conseil départemental des Hauts-de-Seine
Bande-Annonce
Les femmes sont très présentes dans l’œuvre de Maupassant. Il les connaissait bien et si certaines de ses réflexions pouvaient refléter le machisme de son époque, il suffit de se pencher attentivement sur ses nouvelles pour découvrir combien au fond, il était sensible à la condition féminine, voire révolté contre les contraintes sociales que subissaient les femmes.
A partir d’extraits de nouvelles Roger Defossez – très connu pour avoir interprété Mr. Smith dans la Cantatrice Chauve de d’Eugène Ionesco pendant plus de 60 ans – a composé une pièce où perlent les confidences de quatre femmes, deux d’une quarantaine d’années et deux toutes jeunes, qui ont décidé de vivre une dizaine de jours, entre elles, à l’abri des oreilles masculines.
Ce sentiment de liberté est propice aux révélations les plus intimes et elles osent aussi bien parler de leurs désirs pour les hommes que de leur répugnance pour certains, les maris. Car l’amour physique tient une grande place chez les femmes selon Maupassant, naturellement. Quel dommage qu’il puisse être contrarié par un vilain mari suite à un mariage de raison. Les femmes sont sentimentales et elle aiment l’amour qui donne un véritable sens à la vie.
Ah il vous faudra écouter ce morceau d’anthologie que constitue l’ode à la moustache, cette dernière susceptible de provoquer l’orgasme chez la femme (ce terme ne devait guère être utilisé à l’époque). Nous découvrons un Maupassant moderne, visionnaire qui préconise une loi pour protéger les femmes des assauts impitoyables de leurs maris. Pensez-vous, la loi qui met fin au devoir conjugal vient juste d’être votée à l’Assemblée Nationale le 28 Janvier 2026 et a été validée à l’unanimité moins deux voix par le Sénat le 9 Avril 2026 !
Peu importe que dans cette pièce soient exposées des jeunes femmes bourgeoises à l’exception de la comédienne, Maupassant s’étant aussi bien intéressé au sort des paysannes que des prostituées. Ce qui interpelle, c’est sa capacité à sonder l’être féminin.
Car nous nous reconnaissons chez ces femmes si vivantes, si pétillantes, si touchantes parfois. Les interprètes savent chacune exprimer leurs émotions face à leurs désirs, leurs désillusions.
C’est assez étrange mais le metteur en en scène Gwenhaël de Gouvello réussit à faire fusionner en quelque sorte un zeste de l’esprit de Feydeau pour la cocasserie des aventures de ces dames avec celui de Tchékhov pour la mélancolie qui affleure parfois dans leurs propos. L’une d’elles ne dessine t-elle pas un bateau qui ressemble à s’y méprendre à une mouette.
Nous saluons ces comédiennes Eurydice El-Etr ou Nancy Loïs, Marie Grach, Karine Pinoteau et Alexandra Sarramona qui assurent avec maestria ce challenge.
Le parfum de féminité grisant et subtil, émouvant et charnel que dégage leur présence sur scène est authentique !
Evelyne Trân
Le 4 juillet 2026