MONTESSORI à Châteauvallon-Liberté, Scène Nationale – OLLIOULES – Du 12 au 20 Novembre 2025 –

Présentation

Visionnaire, féministe et résolument moderne, la pédagogue Maria Montessori l’a été, sans aucun doute. Les réflexions de cette femme du début du XXe siècle résonnent encore aujourd’hui avec une étonnante justesse. Son parcours exceptionnel l’a menée à œuvrer sans relâche auprès d’enfants démuni.es – celles et ceux qu’on appelait alors « les idiots de Montessori » – et à qui elle a peu à peu rendu leur dignité.

L’approche sensorielle et la confiance portée aux enfants sont au cœur de sa pédagogie qui allie ordre et liberté. Elle a voulu comprendre l’enfance pour mieux appréhender la vie. Et ce qui intéresse dans cette expérience théâtrale ce n’est pas tant ses outils pédagogiques que son merveilleux pari sur les promesses de l’enfance. Ainsi, Maria Montessori perturbe, car elle ne se penche pas seulement sur l’enfant mais sur l’humanité dans son ensemble, et nous éclaire sur l’étoffe dont est faite la vie.

  • Pour tous dès 14 ans
  • Durée estimée 1h15

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Générique

D’après Maria Montessori
Mise en scène, décor et lumières Charles Berling
Adaptation et interprétation Bérengère Warluzel
Dramaturgie et collaboration artistique Amélie Wendling
Création sonore et visuelle Vincent Berenger
Régie lumière et régie générale Yoan Ruffato
Régie plateau Darshan Laborde
Régie son Sébastien Edonel

Production Châteauvallon-Liberté, scène nationale 

Photos © Guillaume Castelot & Vincent Berenger — Châteauvallon-Liberté, scène nationale
Texte © Bérengère Warluzel

MONTESSORI, ce nom est associé à des écoles qui adoptent une méthode pédagogique élaborée par Maria MONTESSORI. Bérengère WARLUZEL qui a consacré son précédent spectacle Fragments à la philosophe Hannah ARENDT afin de transmettre de façon tangible grâce à la mise en scène de Charles BERLING, la profondeur de ses recherches, s’attache cette fois-ci au destin de Maria MONTESSORI une femme exceptionnelle qui voua sa vie au combat pour les droits de l’enfant.

En paraphrasant Aragon et Jean Ferrat qui disent que la femme est l’avenir de l’homme, à l’évidence, à l’issue du spectacle nous voilà traversés par ce lumineux sentiment, oui l’enfant est l’avenir de l’homme.

Devenue la première femme médecin à 26 ans ,Maria Montessori s’est intéressée passionnément au développement de l’enfant. Après avoir travaillé dans un hôpital psychiatrique auprès d’enfants considérés comme handicapés mentaux, elle se spécialisa en pédagogie et créa une première maison pour enfants en 1907 , une école pour des petits de 3 à 6 ans, dans un quartier pauvre de Rome où ces derniers étaient à la rue. Ses découvertes, elle décida de les appliquer à tous les enfants sans distinction.

En vérité ses observations ne valent pas seulement pour les écoles, elles intéressent tous les parents. L’une d’elle est criante de vérité : combien de fois voit-on des mères ou des pères houspiller leurs mômes parce qu’ils trainent ou ne répondent pas à leurs sommations. Il est tellement important de respecter le rythme de l’enfant car l’enfant n’est pas un adulte en miniature.

Faire entrer l’enfant dans un moule, celui de l’adulte, c’est ce style de pédagogie que combattit Maria Montessori pour qui l’école ne devait pas faire penser à une prison. Au début du 20ème siècle, on ne parlait pas des droits des enfants et jusque dans les années 70 et 80, les écoliers pouvaient subir des châtiments corporels. (Alors qu’ils étaient interdits dès 1803. Quant à la fessée, elle n’est bannie dans les familles que depuis 2019 !).

Il faut imaginer l’incroyable parcours semé d’épreuves de Maria Montessori : première femme médecin et fille mère parce qu’en 1898, il était interdit à une femme mariée de travailler, elle dut confier son enfant à une famille, ce qui fut évidemment pour elle un véritable crève cœur. Mais elle poursuivit sa carrière devenue internationale à 45 ans. Elle a connu 2 guerres et le régime Mussolinien qui dans un premier temps l’a soutenue. Par la suite, en raison de son refus d’être instrumentalisée, ce qui sonna le glas des Ecoles Montessori en Italie et en Allemagne, elle dut s’exiler et rejoindre les Pays Bas.

Le spectacle n’entend pas délivrer un biopic ordinaire de la vie de Maria Montessori . Il s’agit de transmettre ses idées forces, son désir d’émancipation de l’enfant, celui d’aller à sa rencontre parce que pour elle, l’enfant porte en lui un mystère : Il est comme un pèlerin qui arrive épuisé d’un pays lointain. Et nous ne savons pas le recevoir. Pourtant le monde que nous avons créé lui est destiné. C’est lui qui doit le continuer. Elle décrit cet enfant comme s’il venait d’une autre planète, qu’il détenait un secret de l’humanité et qu’il était donc à la fois un espoir et une promesse . C’est ainsi qu’elle créa le concept du libre développement de l’enfant.

Avec la grâce d’une danseuse, Bérengère réussit à suggérer tout cet espoir que peut contenir une classe inspirée de la méthode Montessori. Elle traverse la scène, aérienne, porteuse d’une flamme qu’il faut continuer à cultiver.

Dans la mise en scène de Charles BERLING, l’espace, celui dont ont besoin les écoliers et le temps, celui qu’il faut leur réserver, se conjuguent pour créer un sentiment d’harmonie, de paix, nécessaire au développement de l’enfant.

Il y a ces chants d’opéra qui ponctuent la narration, il y a Dante et cette introduction originale du spectacle où il est question de Chronos dévorant ses enfants par crainte d’être détroné par eux. Très instructif et vivant, le spectacle nous fait partager avec passion le message de Maria Montessori, révolutionnaire à son époque et dont l’héritage n’est pas seulement l’apanage des écoles Montessori mais est également présent dans de nombreuses écoles publiques.

Il importe de méditer cette pensée de Maria MONTESSORI lors de son discours en 1949 à l’UNESCO : La véritable défense de l’humanité ne peut se baser sur les armes. Tant que nous ne ferons pas confiance à l’éducation, cette véritable « arme pour la paix », les guerres continueront de succéder aux guerres et la sécurité et la prospérité des hommes ne seront pas assurées.

Comment ne pas être reconnaissants à Bérengère WARLUZEL et à toute l’équipe qui l’accompagne de nous avoir conviés à découvrir cette belle aventure humaine que constitua la vie de Maria MONTESSORI, tellement inspirante !

Evelyne Trân

Le 14 Novembre 2025

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