ISABELLE SPRUNG : DE FREHEL A NOS JOURS LE 14 NOVEMBRE ET LE 12 DECEMBRE 2019 à 20 H 30 – Au piano Patrick Langlade. LE CONNETABLE 55, rue des Archives 75003 Paris M° Rambuteau – Par Laurent Gharibian –

SPRUNG

#defréhelànosjours #édithpiaf #Fréhel

DE FREHEL A NOS JOURS AU CONNETABLE – 2018

N.B : Isabelle SPRUNG chanteuse musicienne et Chardri L’homme à la guitare bleue étaient les invités de l’émission DEUX SOUS DE SCENE sur Radio libertaire 89.4  le 27 AVRIL 2019 

Comédienne, clown, poétesse, lectrice (et chanteuse depuis peu), Isabelle Sprung cumule les avantages…Elle a travaillé sous le signe de la diversité : Elie Semoun, Etienne Chatiliez, Coline Serreau, Jean-Claude Penchenat, Jérôme Deschamps, Macha Makeieff…De la troupe théâtrale ou du plateau de cinéma il n’y a qu’un pas vers le « Seul(e) en scène ». Qu’elle maîtrise à l’évidence de bout en bout. En témoigne cette aventure chansonnesque intitulée « DE FREHEL A NOS JOURS » qui se termine le 12 décembre mais que les esprits curieux pourront encore découvrir – voire retrouver – dès le soir du 14 novembre au Connétable à Paris. Nous y serons. Pour la troisième fois consécutive. En effet, comment résister à un tel phénomène, en parfait décalage avec les modes éphémères ? Ni fantaisiste, ni tragédienne, Isabelle Sprung (Zaza pour les intimes, vous en serez bientôt) évolue avec un aplomb proprement stupéfiant, masquant à peine une sensibilité à fleur de peau. A côté des chansons que créa Fréhel, nous retrouvons l’univers de Marie Dubas comme celui d’Edith Piaf. Isabelle Sprung rappelle -lors d’intermèdes aussi instructifs et concis qu’imagés – combien la grande Edith admirait Marie Dubas. Faire se côtoyer ces trois styles – aux reliefs colorés autant que saisissants – relève d’une grande intelligence de cœur. Isabelle Sprung a pour elle la singularité de proposer les situations les plus dramatiques tout en déployant une faconde et un sens de l’humour, certes ravageur mais empli de tendresse et de respect pour ces personnages féminins dont la restitution échappe ici à la notion même dite « réaliste ». Pour apparaître d’une actualité étonnante. Moderne. Troublante même. 

C’est bien la première fois que l’on assiste à une forme d’interprétation anticonformiste de chansons marquées par Edith Piaf : « Milord », « Padam Padam », « Les amants d’un jour » et le très rare « Dans ma rue ». Notre comédienne chantante se délecte à chaque instant. Nous aussi. Elle redonne ses lettres de noblesse à l’art de l’interprétation : fidèle dans l’esprit, inventive dans la forme. Tout est là !

 Et Fréhel ? Six titres forment, à eux seuls, un portrait fidèle de la « Môme Catch Catch ». On y croit : les images nous interpellent, nous bousculent. Tant de tragédies, tant d’espoirs aussi en une vie de soleil. Soleil trompeur !

 Quant à Marie Dubas, elle fut – après ses débuts au théâtre puis au cabaret- l’une des reines du music-hall et la première à risquer la formule du récital (sans micro !) où elle donna libre cours à son immense talent de fantaisiste ou de tragédienne, faisant naître l’émotion juste à la suite d’une chanson légère…Isabelle Sprung excelle, dans son sillage, à mettre en scène le « Tango stupéfiant » ou ce formidable « Garçon » quasi cinématographique…Elle reprend « Je suis bête » (paroles de Marie Dubas!) et nous régale de « L’amour au passé défini » portant les signatures de Vincent Scotto et du non moins génial Géo Koger.

Le choix, la disposition et l’enchaînement des chansons restent un travail de dentelle pour cette artiste, unique en son genre, sachant détailler une saynète comme peu en apportant, par une gestuelle étudiée mais naturelle, une leçon de music-hall dans le cadre intimiste du cabaret. Terminons par l’essentiel, ce regard où passe un arc-en-ciel d’émotions, un charme et beaucoup de drôlerie. Zaza conquiert son auditoire, lentement mais sûrement. Par le cœur et par l’esprit.

Au piano, Patrick Langlade (sans partition) suit d’instinct, face au mur. Discret, pertinent sous tous les climats et tous les rythmes du sentiment humain. Entre impressionnisme et fauvisme. Mais plus souvent adepte du cubisme, il « assure grave ». Une belle présence, décalée, hors norme. En un mot, précieuse.

En première partie, CHARDRY, » l’homme à la guitare bleue ». Il chante Chardry, Claude Lemesle et une ou deux des vingt-cinq chansons inédites qu’il a composées sur les mots et en compagnie d’Allain Leprest. A bon entendeur. Car « Les femmes sont courbes »…

                                                             Laurent GHARIBIAN

Ultime représentation le jeudi 12 décembre à 20h30

LE CONNETABLE  55, rue des Archives 75003 Paris  M° Rambuteau

Réservations : billetreduc.com/209864/evt.htm

Entrée libre. Sortie en libre participation

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