IRAT La chanson kabyle entre tradition et modernité

Auteur-compositeur et interprète, Irat Haddad est né en 1968 à Tizi Ouzou. C’est dans la capitale de la Région de Kabylie « Fief de l’évolution » que s’exprimèrent, un certain 20 avril 1980, les revendications en faveur de l’autodétermination du peuple berbère qui aboutirent, en 1985, à la création de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme. Cet événement aura coûté la prison à tous les responsables de cet organisme.

IRAT chante depuis 1990 et s’établit en 2001 dans notre pays pour, dit-il, « avoir la possibilité d’interpréter toutes mes chansons… sans exception ». Cependant il retourne régulièrement sur sa terre natale retrouver famille et amis. Et participer à plusieurs émissions sur les radios et télévisions nationales.

IRAT puise son inspiration dans le patrimoine musical berbère traditionnel pour composer et écrire avec une sensibilité d’aujourd’hui. Auteur de plus de 200 chansons, il revendique l’influence de prestigieux aînés : Djamel Allam, Idir, Ferhat (Imazighen Imula) et leurs illustres devanciers Slimane Azem ou Cheikh El Hasnaoui.

Quant aux arrangements, le compositeur imagine tout d’abord le rôle de chaque instrument – flûte, percussions traditionnelles – et y ajoute batterie, piano ou guitare pour orienter son travail de création vers la modernité.

La thématique des chansons, quelques exemples :

IRAT, comme auteur, aborde dans son oeuvre diverses thématiques que l’on retrouve, nouvellement déclinées, parmi les titres récemment enregistrés.

  • Une réflexion sur des questions de société
  • Les droits de la femme : Yellis n’ Tmurt (Les filles de mon pays).
  • L’identité berbère : Adrar (Montagne).
  • La désillusion de certains compatriotes après leur fuite vers l’Occident : Zin L Paris (Beauté de l’Occident).
  • Le désespoir de la jeunesse de Kabylie qui la pousse à « vivre à côté de la vraie vie » : Eadith (Allez -y, passez). En résumé :  « Quand on vit dans la politique du mensonge, celui-ci peut parfois rejaillir sur l’individu ».
  • Les amours contrariées par la rigidité des codes sociaux-culturels importés depuis quatorze siècles au sein d’une société pré-hellénistique avant tout laïque : Anfiyi Ruh (Laisse moi et pars).
  • L’hommage à la mère disparue : Yemma (Mère).
  • Enfin, voici – traduit par son auteur – un extrait de la chanson La canne de protection qui sera créée à la librairie Publico, lors du concert du 20 avril 2019 :

Chaque colline attend l’espoir

D’où qu’il vienne.

La peur a grillé les coeurs

En l’absence de fraternité

Et à cause de l’égoïsme

Installé dans les esprits.

Si les peuples se lèvent

Comme un seul homme,

Alors Vendredi deviendra Dimanche…

IRAT et HILLAL (à la guitare Godin, avis aux connaisseurs) furent tous deux très remarqués, le 6 octobre dernier ici-même, pour leur participation au spectacle poétique conçu autour du poète kabyle francophone Abder Zegout qui eut l’idée de les inviter. Ce tandem nous revient pour un concert où seront créés plusieurs titres portant l’empreinte du folk.

Un beau moment en perspective.

Laurent GHARIBIAN

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