LA CHAIR ET L’ALGORITHME – Théâtre La Reine Blanche 2 bis passage Ruelle, 75 018 Paris – MARDI 19 AVRIL > JEUDI 23 JUIN – les mardi, jeudi et samedi à 21h Relâches : 26, 28 mai et 21 juin 2016 –

chair

DE JEAN-LOUIS BAUER
SCÉNOGRAPHIE, COSTUMES ET MISE EN SCÈNE : ANTOINE CAMPO
LUMIÈRES : ANTOINE CAMPO, PAUL HOURLIER

DISTRIBUTION

 ELISABETH BOUCHAUD et MARIE CHAUFOUR

Avons nous vraiment conscience de notre addiction au téléphone portable ? Le nombre de lignes mobiles en France dépasse le nombre d’habitants. L’essor de ce petit appareil sur le marché a débuté dans les années 1990, ce qui signifie que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu l’époque bénie où il était possible de circuler dans la rue, en rase campagne, dans le métro sans être interrompus par l’appel d’un proche, d’un ami ou même d’un inconnu. Communiquer, communiquer c’est le fer de lance de la vie en société. Eh oui, grâce à cette machine extraordinaire, vous pouvez discuter avec une personne à l’autre bout du monde. Le seul inconvénient c’est que si par hasard un individu vous demande un renseignement au coin de la rue, vous seriez bien en mal de lui répondre à cause de votre casque ou de vos oreillettes, d’ailleurs vous ne ferez pas attention à lui .

Nous voilà devenus des zombies nous dit en quelque sorte Jean-Louis BAUER, l’auteur de « La chair et l’algorithme » qui met en scène une jeune femme fort sympathique, le type de femme battante, journaliste reporter, monoparentale qui a une vie de patachon vu qu’elle voyage beaucoup et ne rencontre que des hommes volages. Sa détresse affective est évidente et sans son hochet de portable qu’elle utilise à tout bout de champ, elle serait bien seule. Car apparemment, elle ne communique que via son portable, que celui tombe à l’eau ou disparaisse, quel scénario catastrophe !

Est-il possible que l’intrusion de cet appareil dans la vie quotidienne, rétrécisse le champ de perception d’un individu au point qu’il en oublie sa nature charnelle, ses merveilles antennes que sont nos six sens ?

Le voilà, le scénario catastrophe : nos sentiments véhiculés par des SMS répétitifs, aussi passe-partout que des formules de politesse, dénués de personnalité, cris et larmes brouillés par le gosier de l’appareil et cette représentation d’un être en chair et en os qui ne se manifesterait plus que par la voie d’un téléphone.

C’est une perspective cauchemardesque que nous donne à imaginer l’auteur. Élisabeth BOUCHAUD, compose avec sensibilité ce personnage de femme vulnérable, déchiré qui se retrouve seule face à une machine qui la piégera, via des faux messages et utilisera même sa propre voix, post mortem, grâce à des applications ingénieuses qui la feront basculer du monde terrestre au monde virtuel !

La démonstration est éloquente et cérébrale. Nous sommes d’autant plus remués par la présence d’Élisabeth BOUCHAUD, que l’environnement du personnage est délétère …

Paris, le 5 Mai 2016                                   Evelyne Trân

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s