J’ai tout de Thierry Illouz au Théâtre de BELLEVILLE – 94 rue du faubourg du temple 75011 PARIS – du 11 au 20 septembre à 19h15,du jeudi au samedi

 

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mis en scène et interprété par Christophe Laparra

Direction d’acteur Marie Ballet – Lumière Bruno Bescheron

 Création sonore Jean-Kristoff Camps – Costume Dulcie Best

 Objet scènographique Céline Larvor

Un homme se rebelle contre un ennemi invisible Il s’est scindé en deux parts, celle qui représente la puissance et l’autre la faiblesse. Psychanalytiquement, on penserait au surmoi  qui écrase le moi. Philosophiquement, le surhomme de Nietzsche revient en mémoire. Et d’un point vue romanesque, le monologue de Thierry ILLLOUZ rappelle les carnets du sous-sol de Dostoïevski où se répandent  la haine et le désespoir d’un employé de bureau.

L’homme prétend qu’il est tout puissant mais qu’il doit tuer celui qui attaque cette toute puissance, cette grandeur. Il ne supporte pas l’image que lui renvoie la société, celle d’un homme déchu au chômage, sans domicile.

Il s’agit d’un homme humilié qui a cru pouvoir tenir debout par sa seule volonté, la seule croyance à sa toute puissance. Il s’agit après tout de son identité unique, d’un moi je, effectivement puissant virtuellement, dès lors qu’il se déclare seul avec pour tout bagage, son orgueil, son idéal d’homme  fort.

Le monologue de Thierry ILLOUZ fait écho à des accidents de vie, hélas réels. Il y a des blessures morales qui acculent certains êtres au suicide.

Il est vrai que dans notre société, on ne cesse d’opposer les gagnants aux perdants. Et cela commence aux bancs de l’école, où les cancres sont désignés du doigt. Si vous n’êtes  pas les meilleurs, si vous ne décrochez pas les diplômes, vous voilà menacés du chômage, de la misère.

Psychologiquement, la sensation d’être un perdant peut être désastreuse. Il y a des valeurs ancestrales, celle de travail, de dignité qui se trouvent bafouées.

Au 21 siècle, les progrès de la technologie paraissent bien dérisoires face au mal être ressenti par nombre d’individus  qui s’éprouvent exclus du « système ».

Qui pourrait les entendre ? Doivent-ils faire une psychanalyse, prendre rendez-vous chez un psychiatre ?

Extirper le mal, cette affreuse sensation d’humiliation, le personnage de « J’ai tout » s’y emploie violemment.Il est d’autant plus impitoyable qu’il croit se battre contre un autre.

 Mais l’homme fort et l’homme faible ne peuvent être séparés sinon par le biais du délire, parce qu’ils coexistent dans la même personne. A la fin du monologue pourtant l’homme déclarera qu’il est plusieurs mais la révolte qui fulmine en lui, cette révolte dévastatrice aura le dernier mot.

 Ce monologue est douloureux et peut bien atteindre la  carne du soi-disant homme fort. Il n’est pas de nature non plus à rasséréner les êtres mélancoliques et hypersensibles.

 Mais ceux qui croient aux vertus du théâtre pour exorciser tous nos maux applaudiront la performance de Christophe LAPARRA, et le texte de Thierry ILLOUZ qui donne  la parole à un surhumain humilié, oh combien humain.

  Paris, le 14 septembre 2014     Evelyne Trân

 

 

 

 

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