Une petite fille privilégiée de Françoise CHRISTOPHE – Mise en scène de Philippe HOTTIER du 5 Mars au 26 Avril 2014 à 18 H 30 – au Théâtre du Lucernaire – 53 Av Notre Dame des Champs 75006 PARIS –

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Auteur : Francine Christophe
Mise en scène : Philippe Hottier avec l’amicale complicité de Cyrille Bosc
Avec : Magali Helias
Durée : 1h10

Par une sorte de pied de nez au cauchemar qu’elle a vécu, lorsqu’elle n’était encore qu’une jeune enfant, lors de sa déportation avec sa mère dans les camps de concentration des années 1942 à 1945, Francine CHRISTOPHE se qualifie de « Petite fille privilégiée ».

Parce que Francine CHRISTOPHE a conscience d’être une rescapée. Parmi les déportés très peu sont revenus. Elle et sa mère ont bénéficié de la Convention de Genève qui stipulait que les femmes et enfants des prisonniers de guerre français devaient rester en France à titre d’otages.

Ils ne sont pas si nombreux les anciens déportés qui ont pu faire le récit de leur calvaire. C’est sa vision d’enfant que nous livre l’auteure. A travers son récit, c’est la résistance, telle l’épine d’une jeune rose que l’on voit poindre . Le filtre d’un regard d’enfant est incomparable . Il se peut que l’enfant dispose d’une protection, une sauvegarde intérieure qui l’empêche de s’assimiler complètement au monde des adultes.

Au fond d’elle-même, Francine CHRISTOPHE a gardé cette « chambre » d’enfant où elle a dû lutter moralement face à des conditions de vie atroces, aux côtés de sa mère.

Son témoignage s’inscrit dans son combat contre les ignominies de l’ordre de l’impensable qui ont été commises par les nazis, pendant la seconde guerre mondiale, et celles qui continuent à être perpétrées dans le monde.

Si l‘enfant ne se voile pas la face, que fait donc l’adulte ? Nous avons besoin de ce regard d’enfant, c’est lui qui parle d’avenir, c’est lui qui forge l’adulte à venir. Francine CHRISTOPHE entend communiquer cette force de vie rebelle, propre à l’enfance, pour donner la parole à l’enfant qu’elle représente parmi toutes les victimes de guerre.

Le témoignage de Francine CHRISTOPHE est fort et son interprête Magali HELAIS est remarquable car elle laisse percer sous l’épiderme de l’adulte, toutes les pointes de la voix de l’enfant.

La mise en scène dépouillée, un drap vaporeux, moiré, sur fond de scène de la même couleur que le sol, sied au récit de l’auteure, très digne de bout à l’autre . C’est que la petite fille privilégiée a recouvré la parole, elle est fière de pouvoir s’adresser à ses enfants et petits-enfants.

Il ne faut pas croire qu’il est si facile de prendre la parole. Combien de personnes ont dû taire leur douleur pour ne pas la réveiller.

C’est pourquoi, le témoignage de Francine CHRISTOPHE est si précieux. De plus, les jeunes d’aujourd’hui comprennent fort bien qu’ils ne sont pas nés de rien et ils veulent savoir, connaitre, l’histoire de leurs grands-parents, toucher leurs racines.

Ce spectacle qui invoque notre mémoire en réunissant enfant et adulte dans une même personne, est véritablement salutaire.
Paris, le 13 Mars 2014 Evelyne Trân

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