QUEUE DE POISSONNE de Laurie CANNAC d’après « la Petite sirène » de Hans Chistian Andersen au GRAND PARQUET – 35 Rue d’Aubervilliers 75018 PARIS – Jardins d’Eole -du 18 Octobre au 3 Novembre 2013 – Vendredi et samedi à 19 H – DImanche à 15 H, Jeudi 24 et 31 à 10 H et 15 H

 

 

 

 

 

Mise en scène  Ilka Schönbein / Conception, marionnettes, manipulation et jeu: Laurie Cannac

L’histoire de la petite sirène fait penser naturellement à tous ces adolescents mal dans leur peau qui tentent désespérément de sortir de leur coquille pour capter l’attention d’un prince charmant ou d’une princesse charmante.

Va-t-elle réussir à se faire aimer se demande le lecteur qui participe aux émois de la petite sirène, et puis c’est le coup de tonnerre, le gros chagrin qui libère les larmes, ces larmes vaines qui continuent à s’ébattre contre un rocher, le cœur indifférent du Prince,  et cette sensation incroyable que la petite sirène en perdant sa virginité, sa queue de poissonne, s’est éveillée à l’amour, qu’elle est devenue humaine, elle qui se croyait monstre.

 Le joli conte d’Andersen parle simplement de la difficulté d’aimer, d’être accepté par les autres. C’est un conte initiatique, universel parce qu’il agite les figures du surmoi, la grande mère, le moi, le ça, « la queue de poissonne ». Et pourtant il n’avait pas lu Freud !

 L’interprétation du conte par Laurie Cannac et la metteure en scène Ilka Schönbein, est littéralement bouleversante parce qu’elle magnifie physiquement et visuellement cette histoire de métamorphose de sirène en humaine.

 Laurie Cannac fait corps avec les marionnettes comme une sœur siamoise, de sorte que le Prince, la grand-mère, la sirène apparaissent toujours comme des excroissances naturelles.

C’est tout de même surprenant de voir le Prince sortir d’une côte de la sirène et les mains gantées de la sorcière grand-mère se tendre vers le visage de la sirène devenue aussi fragile qu’une bouteille jetée à la mer.

 L’imagination va son train, elle est physique, sensuelle, énorme. La  barque en osier, fœtale s’ouvre comme une bouche, une sorte de vagin comme pour accoucher du regard étonné de la sirène qui ne rêve que d’amour.

 Virile et féminine à la fois, la voix d’Alexandra Lupidi scande à l’accordéon la force du désir qui pousse la sirène hors d’elle-même.

 Et l’on entend la chair subjuguée de la sirène sous ses oripeaux et ses lambeaux d’amour déçu, renaitre de ses cendres, métamorphosée, rayonnante comme si le fait d’avoir bu ses larmes pouvait faire rimer ce joli mot de sirène avec sérénité.L’amour a gagné puisqu’il est éternel et récréatif.

 Laure Cannac et Ilka Schönbein ont péché le mot « poissonne » dans le conte d’Andersen qui n’existe pas dans le dictionnaire, mais qui est tout frémissant de vitalité . Sa jolie queue humble et attendrissante éblouit aussi bien les yeux que l’abdomen. Tout public peut s’y reconnaître !

  Paris, le 19 Octobre 2013            Evelyne Trân

 

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