A tire-d’aile de Pauline BAYLE au CINE XIII THEATRE – 1 Avenue Junot 75018 PARIS – du 24 Avril au 11 Mai 2013 –

  • Distribution : De et mise en scène Pauline Bayle. Avec Pauline Bayle, Pauline Belle, Loïc Renard, Solène Rossignol, Yann Tassin
  • Genre : Théâtre contemporain
  • P.S. : Pauline Bayle, Pauline Belle, Loïc Renardétait  invités  à l’émission « Deux sous de scène » sur RADIO LIBERTAIRE, le samedi 27 Avril 2013 (disponible à l’écoute sur le site « grille des émissions de Radio Libertaire » et téléchargeable.)
  • A tire-d’aile, la jolie pièce de Pauline BAYLE nous ramène sur les rivages un peu brouillés de l’adolescence, à ce point d’éternuement assez insensé lorsqu’avant de prendre leur envol, des êtres prennent le temps de scruter la paille défaite de leur nid sachant qu’ils n’y reviendront pas. L’impression fantastique qui se dégage de cette expérience unique et folle, – Rimbaud ne l’a-t-il pas vécue ? – pourrait passer à la trappe des réalités, quand les parents  sont là pour donner un coup de pied aux fesses de leur progéniture. Mais il arrive parfois qu’ils ne soient pas là, ces chers adultes au propre comme au figuré, ce qui laisse  une liberté inouïe aux enfants de rêver leur vie comme quelque chose dont ils seraient responsables, qu’ils créeraient avec  leur propre imagination, leurs propres forces, leurs moyens aussi  pauvres soient-ils, en explorant de fond en comble juste leur sentiment d’exister. Folie, non pas folie. Exigence, non pas  exigence. Il faut que certains mots se refusent à  soi. Il faut savoir que l’on parle dans le vide. La chair d’adulte n’est pas encore là pour colmater les brèches. C’est l’inavouable que l’on entend c’est-à-dire cela qui n’a pas encore pris la pâte du bien dire, trop arrosé ou durci par la littérature.  Quoique, les personnages que met en scène Pauline BAYLE, lisent chacun dans leur coin, ils se chamaillent pour des riens, ils scrutent leur potage et dialoguent avec Serge un oiseau empaillé. Ils n’ont pas de portables, pas de télévision mais ils profitent de leurs inspections, dans le lieu clos de leurs émois, ignorants d’un monde extérieur qui ne se soucie pas d’eux, qui fait partie du possible mais au même titre que l’oiseau, que le rituel du dîner et le sempiternel plat de nouilles.

     L’impossible c’est l’autre dès lors qu’il s’impose, et la sœur ainée de la fratrie, ils sont cinq frères et sœurs, ne s’impose que par devoir.

     Si la pièce fait songer à celle de Jean Cocteau, « Les enfants terribles » c’est qu’elle puise dans la même irréductibilité des possibles, qui n’est pas n’importe quoi, mais qui dériverait de tout pour aller on ne sait où, parmi soi. Tandis que Jean Cocteau fait catapulter une même impression où c’est l’espace qui devient le temps, Pauline BAYLE lève les yeux vers un oiseau suspendu, mort ou vivant qui paraphrase l’aptitude des 5 adolescents à parler de la mort tout autour de la vie,  comme d’une présence originale.

     Comment mouiller le sol de l’imaginaire, les enfants savent le faire, les adolescents encore, mais les adultes plus du tout sauf quand ils ont le cran de se déclarer poètes, ce qui leur permet de passer à travers quelques murs comme Marcel Aymé.

     L’absence et la présence à l’autre deviennent le point de fuite commun à plusieurs rêves, plusieurs êtres qui ont envie d’affirmer leur existence au-delà de la communauté. Rêves d’autrui, rêves de soi se chevauchent sans se faire trop de mal au profit de divers monologues, journaux intimes. A chacun son jogging  solitaire   avant de se retrouver à table.

     Sous les griffes de l’adolescence comme marquée au coin de la nappe, la pièce de Pauline BAYLE cligne des yeux avec douceur et profondeur. Nous imaginons sans mal le bonheur pour ses jeunes partenaires de créer des personnages qui nous parlent d’ici et d’aujourd’hui, à tire-d’aile avec talent.

  • Une auteure, des jeunes acteurs à découvrir, à encourager, à reconnaître. Après la pluie, le beau temps, après la vieillesse, la jeunesse. Sur les hauteurs de Montmartre, au ciné 13, nous avons assisté à une embellie théâtrale salutaire. Paris, le 20 Avril 2013             Evelyne Trân 

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