Interview express de Simon EINE à l’issue de la représentation de FAHRENHEIT 451, le 17 Janvier 2013.

Il est extraordinaire ce personnage du professeur FABER, cet amoureux des livres, clandestin. L’interprétation de Simon EINE nous permet de ressentir la passion qui l’anime avec une fougue, une violence toute juvénile qui va ressourcer le jeune MONTAG.

La rencontre entre FABER et MONTAG est capitale, puisqu’il s’agit de la transmission du savoir. FABER parle du livre comme d’une femme aimée « Les livres… ils montrent les pores sur le visage de la vie ».

 Vous avez dû avoir beaucoup de plaisir à interpréter ce personnage.

 Un immense plaisir. D’abord parce que c’est un livre que j’ai énormément aimé. J’aime beaucoup la science-fiction en général mais c’est vrai que dans l’œuvre de BRADBURY, il y a plein de choses magnifiques, notamment, les chroniques martiennes. J’ai toujours été attiré par ce genre de littérature qui propose des hypothèses pour le futur. Il y en a d’effrayantes mais il y en a aussi qui peuvent être exaltantes et très belles.

 Vous avez déjà travaillé avec le metteur en scène David GERY ?

 Oui, j’ai joué « Rêve d’automne ». de JON FOSSE au Théâtre de l’Athénée et en tournée. J’ai bien aimé son idée d’adapter « FAHRENHEIT 451 ». Ce n’était pas commode. Mais je pense qu’il a réussi à restituer l’ambiance du livre. Il y a eu le film de François Truffaut, très beau mais traité d’une façon différente. Mais là je trouve que l’essentiel qui est dit dans le livre, très actuel, passe vraiment bien.

 Ce n’est pas un manifeste contre les médias, la radio, la télévision ?

 C’est contre les gens qui enterrent le livre à tout bout de champ. Contre toute forme de dictature, de toute manière. Et c’est vrai que l’abrutissement du plus grand nombre est quelque chose de concerté parfois, voulu. A la télévision, il y a une espèce d’auto célébration des présentateurs, des animateurs.

 C’est un système réduit ?

 Oui, un peu. Ça m’intéresse la télévision. Mais je trouve que l’on privilégie certaines choses qui ne me plaisent pas forcément.

 Est-ce que ce n’est pas un problème : le pouvoir de l’argent ?

(Comment ne pas regretter les émissions de qualité des années soixante, soixante-dix  et des hommes tels que Pierre Dumayet, Claude Santelli, Jean Christophe Averty. Aujourd’hui c’est l’audimat qui prime et la création s’en ressent).

 Sur le plan de la réalisation. Evidemment sur le plan technique, ce n’était pas aussi bien que ce que l’on est capable de faire maintenant. On est capable de  faire des choses formidables avec la télévision. Si vous voyez des séries anglaises, américaines, israéliennes, nordiques, vous voyez hélas, des téléfilms infiniment supérieurs aux productions françaises.

 Vous regardez les séries américaines ?

  Oui, ça me passionne, l’invention au niveau des scénarios est tout à fait extraordinaire.

 Vous êtes ouvert, vous ne rejetez pas les nouvelles technologies, portable etc.  ?

 Je n’ai rien contre la technologie à condition qu’elle soit bienfaisante, intelligente. On profite de l’inventivité de l’époque.

 Et vous pensez vraiment qu’il y aurait un risque pour le livre ?

 Non, pas de nos jours. Les livres se vendent malgré les tablettes.  Bien sûr les autodafés ne sont pas à l’ordre du jour, mais ce que je crains c’est que les grandes surfaces fassent tort aux petites librairies que j’aime tant. 
J’ai eu la chance de rencontrer des libraires formidables, ce sont eux qui sont en danger. Il en est de même pour les petites maisons d’édition. 
Quoiqu’on dise et n’en déplaise au progrès, une tablette ne remplacera jamais pour moi un beau livre…

 « Fahrenheit 451 » c’est de la science-fiction ?

 C’est une vision extrême. Mais c’est intéressant de voir comment elle est développée. C’est un beau moment de célébrer la lecture, d’avoir l’idée des hommes-livres, de faire venir des libraires, des écrivains …

 Le personnage que vous jouez est pittoresque. Cette histoire de petit coquillage dans l’oreille…

 – A l’époque cela n’existait pas, c’est l’œuvre d’un précurseur.

 Comme d’habitude vous êtes excellent. Cela faisait  quelque temps que je ne vous avais pas vu sur scène. Mais j’ai retrouvé votre profil, votre silhouette, votre voix. En définitive, le théâtre ça rajeunit, ça empêche de vieillir. Merci Simon Eine !

 Propos recueillis, le 17 Janvier 2013  par Evelyne Trân

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s