S’il vous plait ou paroles perchées sous une flûte. Improvisation musicale sur Radio Libertaire, émission « Deux sous de scène »

S’il vous plait Lecture poème accompagnée d’une improvisation à la flûte traversière par Michel Seuls ( Radio libertaire, émission « Deux sous de Scène » du 4 Août 2012)

Paroles perchées sous une flûte

 C’était juste une pierre ensoleillée. Tu n’as pas vu ce qui s’est passé entre le moment où la pierre a rougi sous le soleil et le moment où elle a retrouvé sa fraicheur. Le rayon de soleil était-il bien informé en allant recouvrir telle pierre. Nul ne le sait. Et si par hasard, quelqu’un est passé par là qui a remarqué cette pierre quelconque au milieu des herbes folles, croyez bien que la pierre a souri.

 Croyez-vous qu’une pensée aussi futile puisse influer sur le rayonnement des songes ?

 Savez pourquoi l’homme érige des tombes ? C’est parce qu’il sait confusément qu’il y a des êtres qui prennent forme en même temps que le soleil tourne en boucle autour d’un objet.

 En même temps, quelle belle formule magique ! Parce qu’en réalité,  nous ne nous réalisons qu’au prix de succédanés d’impressions qui nous échappent.

 A travers le bâillement d’une porte, l’instant subtil trop paresseux d’une pensée à la traîne comme le crime de l’amour, juste celui de dire « je t’aime » sans être entendu, comme par miracle une rose surgit du mur crasseux d’une salle de classe.

 Alors évidemment  le  » je t’aime « » et la rose sont devenus aussi banaux  qu’un bouquet de fleurs en plein ciel. Mais c’est un oiseau, Madame, ce n’est pas un bouquet de fleurs !

 Vous êtes victime d’un mirage ou d’un décalage horaire. Votre « je t’aime » est tombé à l’eau. Faut savoir que les arbres qui se reflètent dans l’eau ne savent pas lire.  Vous ne savez pas combien de temps a pris votre pensée avant de se poser sur la poignée d’une porte, Vous ne savez pas non plus qu’une poignée de porte peut s’ouvrir dans l’eau des rêves. Une poignée de porte sirène, vous n’avez jamais vu ça !

 J’ai culbuté au fond d’une pensée. Mon rêve était un mouchoir qui tremblait. Quelque chose qui tremble. Vous ne saviez pas. Vous étiez heureux.

 Paris, le  4 Août 2012      Evelyne Trân           羽毛球           

radio-libertaire-bis FLASH Radio Libertaire 

 

 

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