Brûle ! de Ludovic POUZERATE à L’espace CONFLUENCES – 190 Bd de Charonne 75011 PARIS

Du 21 au 31 mars à 20h30 (relâche le 26 mars) Complet le 30 mars

Le 25 mars concert du groupe de rap Les Indics à l’issue de la représentation.

Mise en scène : Ludovic Pouzerate Avec : Stéphane Brouleaux, Étienne Parc, Antoine Brugiere, Elsa Hourcade, Clément Victor, Bertrand Barré et Les Indics Durée : 1h 30

Le moins que l’on puisse dire c’est que sur le plateau de l’espace Confluences, ça sent le soufre car l’auteur et metteur en scène de « Brûle !» n’y va pas à la petite cuiller pour ausculter  les ressentis de certains membres de notre société. La pièce pourrait être qualifiée de politique parce que les témoignages sur le monde du travail posent toujours cette question de la place de l’individu dans une société où la loi du plus fort reste toujours la meilleure. Tant pis pour le cliché, car l’auteur fait partir comme des pétards et autant de résonances possibles, les prises de consciences d’individus que la collectivité regarde du mauvais œil, en les pointant du doigt « Pauvre type, va ! ».

Vas-y que je te regarde à la loupe. Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Casse-toi pauvre … Vous n’avez pas le monopole de la vulgarité, vous savez. Vous allez assister à des règlements de comptes.

 En vérité, la parole individuelle ne se fond pas complètement dans le discours social. Oui, il existe des gens qui refusent de sacrifier leur individualité pour faire partie d’une collectivité. Mais il y en a d’autres qui se confondent avec leur rôle social au point de s’oublier.

 Si le patron d’une petite entreprise a comme slogan en tête « Chacun pour soi, Dieu pour tous », nul doute qu’il risque à plus ou moins long terme le naufrage. Ludovic Zouerate met en scène le court-circuit d’une petite entreprise sans relief, en épinglant les réflexes primaires de ses protagonistes qui se tapent dessus et finissent par laisser entrer dans leur vaisseau fantôme, les rats, les paumés qui étaient à leur porte. Et en définitive, ce sont ces crétins de la vie qui ont le plus de choses à dire.

 Cela donne un spectacle assez unique en son genre, psychédélique. Comme s’il voulait gommer toutes les frontières, exprimer l’égarement, l’impression de dérive et d’angoisse de ces gens, Luc Pouzerate ne nous tend à aucun moment la perche d’un répit pour respirer. Pourtant, le propos exigeant requiert une certaine lisibilité et donc un certain recul du spectateur. Les irruptions des monologues et des lames de fond du groupe de rap, Les Indics, créent des ruptures qui ne facilitent pas la communication entre chacun des comédiens parfois isolés dans leurs rôles.

Ont-ils vraiment besoin de tendresse tous ces personnages ?  La violence dans cette pièce ne réside pas dans la bataille de polochons, elle est là pour masquer l’impuissance, la désespérance, la honte ou exprimer une sorte d’abrutissement.

Sommes- nous tous tant que nous sommes des ânes bâtés ? Allons-nous nous identifier à ces déçus de la vie ? « On n’est pas là pour se faire engueuler » chantait Boris Vian. Vous en serez convaincus en allant à ce spectacle au propre et au figuré. C’est réfléchissant !

Le 23 Mars 2012                               Evelyne Trân 

 

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