EXCUSES ET DIRES LIMINAIRES DE ZA de RAHARIMANANA à LA MAISON DE LA POESIE 157 RUE SAINT MARTIN 75003 PARIS

Mise en voix Thierry BEDARD
Musique Tao Ravao
Avec
Rodolphe Blanchet et Tao Ravao

dimanches 22, 29 janvier, 5 et 12 février 2012 à 18h00
grande salle
Billets couplés « Des ruines… » et « Excuses et dires liminaires de Za » Plein tarif 30 € – tarif réduit 25 €

 La poésie peut prendre plusieurs formes. Ce n’est pas une arme fatale, c’est une arme qui se relève, nous venons d’en avoir la révélation ou la confirmation à l’issue de la représentation d’Excuses et dires liminaires de Za du poète malgache Jean-Luc RAHARIMANANA à la  Maison de la Poésie.

 Quand il ne reste plus rien à l’homme victime de la violence  d’autres hommes, quand il ne dit plus mot parce qu’il vient d’être assassiné, il faut croire que son souffle qui n’est pas le dernier va se répandre parmi nous pour donner de la voix et du courage aux faibles trompés par la force aveugle des plus forts.

 Voilà un propos bien manichéen, d’un côté les forts, d’un côté les faibles. Non ça n’est pas si simple. L’écrivain est avant tout un homme qui doute et qui entend seulement  offrir sa part d’ignorance, sa page blanche à certaines voix qui, pour se faire entendre, doivent passer par un corps qu’on devine non pas seulement sujet de douleurs physiques mais aussi de douleurs morales.

 L’homme déchiré qui vocalise en la personne de Za est un fou raisonnable, il est celui qui dénonce toux ceux qui disent « Ne criez pas » Comme si les cris pouvaient être plus insoutenables que les actions qui les engendrent.

 Nous trimballons tous un caillot de la folie humaine, nous avons tous quelque part au fond de soi, des peurs inavouées, inanimées, des crédulités et de formidables défenses et souvent nous laissons parler à notre place les plus inconscients, les fous, quitte à les enfermer. Quand les paroles confuses des malades  et des fous sont récupérées par des écrivains, elles nous paraissent plus acceptables.

 Mais en vérité en écoutant  ZA, Rodolphe Blanchet , et son compagnon musicien Tao Ravao, extraordinairement inspirés tous deux, nous entrons dans la rue même, nous apprenons à lire sur les lèvres muettes des anonymes qui nous dévisagent, nous entrons dans leurs silences, leurs mystères et des milliers d’histoires qui fusionnent parfois par simple reconnaissance, par échange de regard .

 Alors avec le compagnonnage de la langue aux mots simples et clairs de Raharimanana, pour avec le tumulte du verbe, avoir embrassé les gestes d’un homme, d’être plus voyants, ma foi, nous revigore, ne serait-ce qu’un instant dans l’idée que la poésie est  factrice de reconnaissance.

 C’est une belle clé que nous offre les organisateurs de ce spectacle pour entrer dans la Maison de la poésie, elle s’agite encore pour deux représentations, ne la laissez pas échapper. Ceci dit, la poésie, elle court, elle court, elle respire, il faut la humer, qu’elle soit contagieuse c’est tout le bien que nous pouvons lui souhaiter avec ceux qui la cultivent et la récoltent à la Maison de la Poésie.

Le titre du spectacle du spectacle « Excuses et dires liminaires de Za » est déjà éloquent, mais  sa réception nous laisse  comme qui dirait un petit parfum sur la langue, c’est étonnamment gratifiant !

 Paris, le 3 Février 2012      Evelyne Trân

 

 

 

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