Le Colonel suspicieux de et par Marc-Henri Lamande au Colombier – 20 Rue Marie-Anne Colombier 93170 BAGNOLET

Scénographie et création musicale de Marc ROQUES

Les vendredi 30 Septembre, samedi 1er Octobre à 20 H 30 et le dimanche 2 Octobre à 17 H.

 Magistrale interprétation, hier soir, du Colonel suspicieux par Marc-Henri LAMANDE.

 C’est dans les entrailles d’une solitude époustouflée, soufflée, broyée comme du verre que nous conduit l’acteur via ce personnage énigmatique, un colonel à la retraite qui dresse un bilan ostentatoire d’une vie tracée à l’aveuglette.

  Dans le dortoir de ses catacombes, les mots qu’il soulève deviennent d’inquiétants insectes qui se fondent avec leurs ombres et se piègent volontairement.

 Comme si les mots lui tombaient dessus, il les porte à sa bouche : il entend se faire bouffer lui même par les mots. Etale la ligne d’horizon jouxte pourtant avec l’émotion.

 A travers ce voyage où les mots comme des wagons vides foncent vers le néant, c’est notre inconscient qui est sollicité; alors la fissure autour de l’anse parapet d’une  phrase versée à la louche, devient l’indicible fente ou la prière et les mots qui grommellent au bout des mains gantées du Colonel suspicieux et facétieux, retrouvent leur versant comique.

 A bout de bras, des mots comme carnage, folie ou espoir s’ils ne paralysent pas celui qui devient leur pâte molle ou celui qui plonge ses mains dans le limon pour se saisir lui-même, quitte à se défigurer, sans doute reprennent-ils le chemin de terre gorgée de sang et de fumier.

 La stature du colonel, pourtant, en fait un personnage inavoué qui refuse de rompre avec l’absence, sa propre absence. Ce n’est pas étrange, il y a une porte ouverte, la sienne, car après tout, être une porte c’est quelque chose. Oui le colonel est une porte avec son encoignure, ses angles, son haut de forme, son habit. Cela devrait suffire, une porte qui marche avec des yeux, un menton et un œil de bœuf. Cette porte fait de la musique impressionniste avec Marc Roques, tandis qu’un poulet embroché dans une rôtissoire à droite de la scène,  imperturbable dit seulement : suivez l’odeur.

 Les mots à la renverse relèvent le Colonel. Dans la soupe de l’univers, qui sait, un marchand d’étoiles sera fort aise de brouter quelques unes de ses phrases à l’aune de leur diseur. Comme ça fait plaisir, des mots qui jouent à la marelle avec un Colonel !

 Paris, le 2 Octobre 2011                      Evelyne Trân

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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