
La pièce « Arletty : Un cœur très occupé » revient sur un chapitre méconnu de la vie de l’une des actrices les plus emblématiques du cinéma français, Arletty. Présentée au Théâtre des Mathurins à partir du 3 octobre 2024, cette œuvre de Jean-Luc Voulfow,
portée par Béatrice Costantini et François Nambot, met en lumière la relation passionnée et
controversée entre Arletty et un officier allemand pendant l’Occupation.
Avec Béatrice Costantini et François Nambot
Auteur : Jean-Luc Voulfow
Mise en scène : François Nambot
Lumières : Jacques Rouveyrollis
Arletty était une grande actrice capable aussi bien d’interpréter une prostituée dans L’ Hôtel du Nord (Un film de Marcel Carné en 1938)- Sa réplique Atmosphère, atmosphère est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère est inoubliable – que d’interpréter la belle femme mélancolique et mystérieuse dont tombe amoureux Jean-Louis Barrault dans Les Enfants du Paradis (un film de Marcel Carné en 1943) .
Ces films possèdent un cachet que les années ne peuvent altérer. C’est pendant la période de l’Occupation en 1941 qu’Arletty rencontra Hans Jürgen Soehring l’un des hommes de confiance de Hermann Göring. Ce fut probablement un coup de foudre réciproque et les deux amants en payèrent le prix fort. L’officier allemand fut rétrogradé sous-officier sur ordre de Göring et Arletty fut arrêtée à la Libération en raison de sa liaison affichée avec cet allemand.(source wikipédia).
La pièce de Jean-Luc VOULFOW s’appuie sur la correspondance entre les deux amants et met en scène une trentaine d’années plus tard la rencontre entre Arletty et un jeune journaliste très audacieux.
Arletty a beau vouloir faire fuir le journaliste, ce dernier s’incruste et réussit à la faire parler sur son histoire d’amour avec un bel étranger, pire un ennemi de la France.
Leur conversation ne manque pas d’humour et de réparties. Sans que l’on sache comment (nous le saurons à la fin de la pièce), le journaliste possède quelques lettres de la correspondance échangée entre les deux amants. Il fera d’ailleurs remarquer que leur prose est assez banale. Arletty s’en moque, c’est la vie et non la littérature qui la fait vibrer. Et semble t-il l’évocation du bel officier continue à l’émouvoir.
Le journaliste qui ne manque pas d’esprit critique lui dit qu’elle se fichait de la guerre. En somme, elle n’avait aucune conscience politique. Etait-elle fleur bleue ? Une chose est sûre si son amant avait été juif elle l’eût aimé tout autant.
Evidemment au bout de trente ans, les souvenirs s’estompent. Mais voilà Arletty connait par cœur certaines lettres de Hans qui l’accompagneront jusqu’à la mort.
Le courant passe entre le le jeune journaliste fringant et Arletty pleine de mordant et de vitalité. Grâce à Béatrice COSTANTINI et François NAMBOT, voilà une romance qui passe la rampe pour le plaisir des nostalgiques de cette époque et puis pour les amoureux à part entière. Arletty et l’officier allemand l’ont prouvé : l’amour n’a pas de frontière.
Evelyne Trân
Le 10 Mars 2026