
Présentation
Pendant plus de cinquante ans, elle sera l’amante, la muse, l’amie, la complice en mille « forfaits » de Victor Hugo, histoire d’un amour absolu, ponctuée de … 23 000 lettres.
Cette pièce met en lumière un récit à la première personne, celui de Juliette Drouet, dans le Paris éclatant de la première moitié du XIXème siècle.
S’égrènent, avec humour, les confidences d’une femme, sa vie passionnée, exaltée, transposée à la scène. Une femme de l’ombre que l’on met en lumière.
Équipe artistique
Texte de Patrick Tudoret
D’après son roman Juliette publié aux éditions Tallandier
Mise en scène Patrick Tudoret et Marie Lussignol
Avec Marie Lussignol ou Marguerite Kloeckner
Accompagnée d’une bande son réalisée à partir de sublimes extraits d’œuvres signés Robert SCHUMANN, Franz SCHUBERT, Hildegarde de BINGEN, Jean-Baptiste PERGOLESE, Pandora SELFRIDGE, Edvard GRIEG, Frédéric CHOPIN notamment, mêlée à la voix mezzo-soprano de Marie LUSSIGNOL
Production Alboflède
Juliette DROUET « une femme de l’ombre que l’on met en lumière » ! Effectivement la pièce de Patrick TUDORET ensoleille cette femme décrite comme la muse et l’amante de Victor Hugo durant cinquante ans.
Si nous l’imaginions soumise et à genoux devant le grand homme, nous découvrons une femme en réalité fort combattive qui remua terre et ciel pour sauver Victor Hugo contraint de fuir et s’exiler après le coup d’état du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte. Elle l’a accompagné tout le long de son œuvre en copiant ses manuscrits etc. Et malgré le fait que les premières années de leur relation Victor Hugo exigea d’elle une vie cloîtrée, ce qui mis fin à sa carrière de comédienne, elle supporta ses exigences, ses tromperies parce qu’elle l’aimait d’un fol amour.
La pièce débute lorsqu’elle se retrouve seule dans une chambre d’hôtel à Bruxelles parce qu’enfin elle décide de quitter Victor Hugo qui vient de la tromper avec une femme de chambre en Avril 1873. Victor Hugo qui l’aime en dépit de ses nombreuses maitresses, réussit à lui faire renoncer à cette séparation.
Elle lui a écrit plus de 23000 lettres et il faut imaginer combien elle a dû souffrir de rester à l’ombre, de n’être que la maîtresse alors que sa fidélité vis à vis de Victor Hugo était sans bornes et dépassait de loin le dévouement d’Adèle FOUCHER, l’épouse du poète qui avait une liaison avec Sainte Beuve.
Incarnée par Marie LUSSIGNOL, Juliette DROUET nous apparait sous son jour le plus séduisant, celui d’une jeune femme pleine de vivacité, exaltée mais jamais plaintive. Elle est la femme amoureuse « universelle » qui ne vit, qui ne respire qu’en pensant à l’être aimé.
Et elle dégage un charme fou, celui là même qui fit succomber le poète en 1833 lors d’une lecture du rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia.
Oui cet amour extraordinaire de Juliette DROUET pour Victor Hugo méritait bien une pièce. Celle-ci lui rend hommage avec grâce et délicatesse. On en ressort joyeux, encore bercé par les musiques de Schumann, Schubert, Chopin etc. et le timbre de voix de Marie LUSSIGNOL .
Le spectacle n’est en aucune façon mièvre, et une question se pose, se peut-il que pour Victor Hugo, Juliette soit un personnage mais un personnage vivant. Car nous le savons de telles créatures ne meurent jamais !
Evelyne Trân
Le 25 Février 2026